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Des agents fédéraux commenceront à quitter Minneapolis mardi

27.01.2026 00h44

Des agents fédéraux commenceront à quitter Minneapolis mardi

Des agents de l'Immigration vont se retirer dès mardi de Minneapolis, selon le maire de la ville.

Photo: KEYSTONE/AP/Adam Gray

'Des agents des services fédéraux déployés à Minneapolis vont commencer à quitter la ville dès demain', a annoncé le maire lundi. Au même moment, Donald Trump multiplie les gestes d'apaisement après la mort d'un deuxième Américain tué par la police de l'immigration.

Le décès d'Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, lors d'une manifestation samedi dans la plus grande métropole de l'Etat du Minnesota est une 'tragédie' et le président 'ne veut pas voir de gens blessés ou tués dans les rues', a dit la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d'un point presse à la mi-journée.

Confronté à des critiques, y compris de son camp, sur la ligne dure adoptée dans cette ville du nord, le milliardaire a dépêché sur place Tom Homan, le responsable de la politique d'expulsions massives de migrants menée par le gouvernement.

Celui-ci rendra 'directement compte' au chef de l'Etat et dirigera désormais les opérations de la police de l'immigration (ICE) sur place en remplacement du chef de la police aux frontières, Greg Bovino, a précisé M. Trump.

Le magazine américain The Atlantic a affirmé que M. Bovino avait été relevé de ses fonctions, ce que le gouvernement dément.

M. Trump continue toutefois d'exiger que les autorités locales coopèrent avec les agences fédérales chargées de l'immigration, une ligne rouge par les élus démocrates.

Une grande partie de l'Etat est en effet un 'sanctuaire' limitant la collaboration des forces de l'ordre locales avec ICE.

La justice sollicitée

Dans une atmosphère extrêmement tendue depuis la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans déjà tuée par balles par un agent fédéral à Minneapolis le 7 janvier, la justice a été sollicitée sur deux fronts lundi.

Selon des médias américains, une juge fédérale a promis de rendre une décision rapide concernant la demande du procureur général du Minnesota de suspendre l'opération anti-immigration dans l'Etat.

Cela pourrait faire jurisprudence aux Etats-Unis, a estimé auprès de l'AFP David Schultz, professeur de sciences politiques et de droit à l'université Hamline.

Une plainte pour empêcher les autorités américaines de détruire des preuves dans l'affaire Alex Pretti a également été examinée, sans qu'un jugement ne soit rendu.

'Une enquête est en cours (...) et il est évident que nous ne détruisons pas les preuves', avait assuré le numéro 2 du ministère de la Justice, Todd Blanche, sur Fox News dans la matinée.

Les élus démocrates au Congrès menacent, par ailleurs, de bloquer le financement du gouvernement si les agences fédérales de l'immigration ne sont pas réformées.

'Mensonges écoeurants'

A Minneapolis, des habitants continuent de rendre hommage à Alex Pretti devant un mémorial improvisé.

'C'est terrifiant et profondément ignoble de pouvoir exécuter quelqu'un de sang-froid dans la rue, puis le diffamer et mentir sur ce qui s'est passé', s'est indigné auprès de l'AFP lundi Stephen McLaughlin, un retraité de 68 ans.

Comme pour Renee Good, le gouvernement a rejeté la faute sur l'infirmier, lui reprochant de porter un pistolet - ce pour quoi il disposait d'un permis, selon les autorités locales.

Une analyse de vidéos par l'AFP semble contredire la version officielle le présentant comme menaçant.

Les images montrent l'infirmier dans la rue, filmant avec son téléphone des hommes armés portant des gilets 'Police'.

Il s'interpose lorsqu'un agent pousse une manifestante et reçoit du gaz lacrymogène au visage. Un agent le plaque à terre et plusieurs de ses collègues interviennent.

Alors qu'un policier vêtu de gris semble retirer une arme au niveau de la taille d'Alex Pretti, agenouillé entre plusieurs policiers, un coup de feu est tiré. Les agents s'écartent brusquement et tirent plusieurs fois à distance. Au moins dix détonations sont entendues.

Dans un communiqué, ses parents ont accusé l'administration de répandre 'des mensonges écoeurants' sur leur fils.

/ATS