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Un accord possible avec l'Iran ? Trump se donne « dix jours »

19.02.2026 16h36

Trump réunit son "Conseil de paix" à l'ombre d'une escalade en Iran

Dans un discours largement improvisé, Donald Trump a rendu hommage à certains alliés comme le Premier ministre hongrois Viktor Orban ou le président argentin Javier Milei.

Photo: KEYSTONE/AP/MARK SCHIEFELBEIN

Créé pour aider à la reconstruction de Gaza puis doté d'une mission plus large de résolution des conflits, le 'Conseil de paix' de Donald Trump tient jeudi sa première réunion à Washington. Une ville qui bruisse de rumeurs sur une opération militaire contre l'Iran.

Téhéran doit conclure un accord 'pertinent' ou 'de mauvaises choses' arriveront, a menacé le président américain, donnant à Téhéran un ultimatum de dix jours.

Quarante-sept pays dont seulement certains sont membres à proprement parler du 'Conseil', et l'Union européenne, en 'observatrice', doivent discuter de la reconstruction et la stabilisation de la bande de Gaza, mission première de cet organisme.

Des milliards pour Gaza

Donald Trump a déclaré que plusieurs pays, majoritairement du Golfe, avaient promis 'plus de 7 milliards de dollars' pour reconstruire le territoire palestinien dévasté. Il a aussi annoncé une contribution américaine de 10 milliards de dollars pour le 'Conseil de paix', doté d'une très vague mission de résolution des conflits dans le monde.

La rencontre a lieu dans un 'Institut pour la paix' qui porte depuis peu le nom de Donald Trump sur sa façade. Elle porte aussi sur l'envoi de milliers de militaires pour une force de stabilisation et sur la constitution d'une force de police. Le chef de l'administration provisoire de la bande de Gaza, le Palestinien Ali Shaath, est parmi les participants.

Trump et ses alliés

La rencontre a commencé par une photo de famille, tandis que résonnaient les tubes préférés de Donald Trump, allant d'Elvis Presley à James Brown.

Sur l'estrade, le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar s'est tenu aux côtés du Premier ministre du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani.

Dans un discours largement improvisé, Donald trump a rendu hommage à certains alliés comme le Premier ministre hongrois Viktor Orban ou le président argentin Javier Milei.

Crédibilité

Bruce Jones, expert de la Brookings Institution, décrit à l'AFP le projet du président américain comme 'un mélange confus d'ambition et de narcissisme, qui ne repose sur aucun effort de cohérence intellectuelle.' Donald Trump, président du 'Conseil de paix', est seul habilité à 'inviter' d'autres dirigeants et peut révoquer assez facilement leur participation.

Si la réunion de jeudi 'ne produit pas des résultats rapides et concrets' en particulier sur le plan humanitaire, 'sa crédibilité va rapidement s'effondrer', prédit Max Rodenbeck, expert du International Crisis Group, dans un communiqué.

Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, les tirs et les frappes restent quotidiens dans la bande de Gaza, où Israël et le Hamas s'accusent mutuellement de violer la trêve.

'Surveiller' l'ONU ?

Au-delà de Gaza, le 'Conseil de paix' a pour mission de 'garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits'. De quoi, sur le papier, faire concurrence aux Nations unies.

L'ONU 'a un grand potentiel' mais ne l'a 'jamais réalisé', a déploré Donald Trump, qui se flatte d'avoir réglé tout seul huit conflits depuis son retour au pouvoir. Le 'Conseil de paix' va 'presque surveiller' l'ONU et 's'assurer qu'elle fonctionne correctement', a-t-il ajouté.

Les membres permanents du 'Conseil de paix' doivent verser un milliard de dollars pour adhérer.

La Suisse 'observatrice'

Des dirigeants idéologiquement alignés sur Donald Trump, mais aussi des pays concernés par l'avenir de Gaza ou désireux de s'attirer les bonnes grâces du président américain ont rejoint l'instance. Le Suisse Gianni Infantino, président de la FIFA et proche du président américain, était également présent.

Les grands alliés traditionnels et les grands rivaux des Etats-Unis se sont eux abstenus dans leur majorité de rejoindre le 'Conseil de paix' comme membres fondateurs.

Certains sont venus jeudi en 'observateurs', comme l'Italie, l'Allemagne ou la Suisse. D'autres, comme la France, restent à l'écart. Paris a d'ailleurs estime que la commissaire européenne chargée de la Méditerranée devra s'expliquer sur sa présence, considérant qu'elle n'a 'pas de mandat du Conseil' de l'UE pour y participer.

La Chine, invitée, n'a signalé aucune intention de participer.

/ATS