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L'Italie suspend l'ouverture de l'espace Schengen à l'Espagne

31.07.2026 19h45

L'Italie suspend l'ouverture de l'espace Schengen à l'Espagne

Le ministre italien des affaires étrangères Antonio Tajani a fait cette annonce après l'arrivée de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta, en provenance du Maroc (archives).

Photo: KEYSTONE/AP/Marius Burgelman

L'Italie a temporairement fermé l'espace Schengen à l'Espagne, a annoncé vendredi le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, qualifiant cette mesure d''inévitable'.

'La suspension temporaire de Schengen avec l'Espagne est une décision nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l'Europe. C'est une mesure prévue par les traités et qui est devenue aujourd'hui inévitable', a-t-il écrit sur X.

Contacté par l'AFP, le ministère de l'Intérieur italien a confirmé que l'Italie a fermé à l'Espagne ses points d'entrée maritimes et aériens, tout en précisant que cela n'aurait pas d'impact sur les voyages des citoyens espagnols et européens vers l'Italie.

Les contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne seront 'ciblés' et ne concerneront que les ressortissants non européens arrivant d'Espagne, a précisé le ministère. La mesure doit rester en vigueur pendant un mois à partir de samedi, a-t-il ajouté.

Jeudi, la cheffe du gouvernement d'extrême droite italien Giorgia Meloni avait demandé une suspension de l'Espagne au sein de l'espace Schengen, qualifiant les images montrant des milliers de migrants arrivant à Ceuta de 'choquantes'.

Selon Antonio Tajani, la crise migratoire à Ceuta est le fruit d'une 'responsabilité partagée', et les pays de l'UE doivent 'travailler ensemble pour empêcher que des flux incontrôlés de migrants n'entrent sur le territoire de l'UE'.

Contrôles renforcés en France et au Portugal

Un porte-parole italien a également indiqué qu'à la suite de discussions avec la France, les deux pays allaient renforcer les contrôles aux frontières terrestres déjà en place.

Le ministère de l'Intérieur français a annoncé vendredi la multiplication par cinq d'ici samedi du nombre de policiers et gendarmes déployés en renfort à la frontière franco-espagnole, portant leur nombre à 334.

'Les moyens de surveillance aérienne seront également renforcés avec l'engagement de trois avions de la police aux frontières' et 'les patrouilles dans les trains seront davantage mobilisées sur l'axe ferroviaire franco-espagnol', a-t-il poursuivi.

Le président Emmanuel Macron lui avait demandé de renforcer les contrôles à la frontière si 'nécessaire', avec 'quatre unités de forces mobiles' et le déploiement d'avions et de drones.

'Il y a des raisons de renforcer la présence des forces de l'ordre dans le contrôle aux frontières' terrestres et maritimes, en particulier 'dans le sud' du pays, a déclaré pour sa part le Premier ministre portugais Luis Montenegro.

'Je ne crois pas qu'il y ait des raisons de prendre des mesures de suspension des règles de l'espace Schengen', a affirmé le Premier ministre. 'La situation est grave', a-t-il reconnu, mais 'il existe des mécanismes pour rétablir la situation de manière contrôlée', a-t-il ajouté. Le gouvernement portugais avait indiqué un peu plus tôt dans un communiqué que les forces de l'ordre agissaient 'de manière concertée' avec leurs homologues espagnoles.

/ATS