FIFA: Infantino a tenu une réunion de crise au Maroc
A la tête de la FIFA depuis dix ans, Gianni Infantino a multiplié les projets clivants (archives).
Photo: KEYSTONE/AP/Tony GutierrezLe président de la FIFA Gianni Infantino, assailli de critiques après un projet avorté d'ouverture de l'instance mondiale aux investisseurs privés, a tenu mercredi au Maroc une réunion de crise.
Cette réunion, qui n'était pas ouverte à la presse, s'est tenue au siège pour l'Afrique de la FIFA, au sein du complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat, où des journalistes de l'AFP présents à l'une des entrées du complexe ont vu entrer plusieurs véhicules en fin de matinée. En début de soirée, une source proche du dossier a indiqué sous couvert de l'anonymat que la réunion était terminée.
Aucune information n'était disponible dans l'immédiat sur le contenu des échanges. On ignore aussi les raisons précises du choix du Maroc pour accueillir cette réunion. Le pays doit coorganiser la Coupe du monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal.
Gianni Infantino a assisté mercredi soir à Rabat au match Zambie-Malawi de la Coupe d'Afrique des nations féminine. Il a été aperçu au côté du président de la fédération marocaine de football à l'entrée du stade Al Medina, a constaté un photographe de l'AFP.
Levée de boucliers
A la tête de la FIFA depuis dix ans, Gianni Infantino a multiplié les projets clivants, jusqu'à annoncer la semaine dernière vouloir créer une société extérieure (la FIFA Forward Enterprise, FFE) pour gérer les activités commerciales de l'instance et les tournois comme les coupes du monde, avec l'arrivée d'investisseurs privés.
Présenté à la surprise générale mardi dernier après qu'il a été révélé par la presse, le projet a finalement été retiré dans la nuit de vendredi à samedi face à l'opposition de nombreux acteurs du foot, dont la confédération européenne (UEFA).
Plusieurs cadres de la FIFA ont pris leurs distances ces derniers jours avec Infantino, dont Arsène Wenger, actuel directeur du développement du football mondial au sein de l'instance, et le secrétaire général de l'instance Mattias Grafström.
Ce dernier, dans une lettre aux salariés de la FIFA et consultée par l'AFP, a regretté 'une série d'événements tristes et condamnables', qui ont 'heureusement abouti à l'abandon permanent' du projet. Le conseiller principal de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, avait déjà démissionné vendredi, disant s'opposer 'catégoriquement' au projet d'Infantino.
Pressions politiques
Mercredi, le premier ministre canadien Mark Carney a ajouté sa voix à celle de son homologue britannique Andy Burnham pour fustiger le patron de la FIFA.
'Je n'ai certainement aucune confiance en M. Infantino, après ce qui s'est passé', a taclé M. Carney. 'L'idée qu'une bonne gouvernance consiste à ne pas divulguer d'informations à ses plus proches conseillers [...] c'est fatal'.
Vendredi, M. Burnham avait jugé que Gianni Infantino était 'la mauvaise personne pour diriger' la FIFA.
M. Infantino est pour l'instant le seul candidat déclaré à sa propre succession à la tête de la FIFA, lors d'un scrutin qui se déroulera en mars 2027 à Rabat.
L'Italo-Suisse de 56 ans a besoin d'une majorité des 211 fédérations membres pour décrocher un nouveau et dernier mandat de quatre ans. Jusqu'ici, une poignée de fédérations (Finlande, pays de Galles, Serbie, Suède) lui ont officiellement retiré leur soutien.
'Infantino doit partir', a asséné mercredi l'ancienne légende du football portugais Luis Figo, conseilleur auprès de l'UEFA, dans une tribune publiée par le Daily Mail.
/ATS