Les lynx colonisent le Plateau suisse malgré les dangers
Les lynx se répandent de plus en plus sur le Plateau suisse. (archives)
Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTTLe lynx conquiert le Plateau suisse. Ce qui a longtemps été considéré comme une région trop densément peuplée et trop fragmentée s'avère, selon un nouveau rapport, être un habitat étonnamment propice à ces grands félins farouches.
Pour ces données publiées mercredi, la fondation Kora a analysé les informations d’émetteurs GPS, de pièges photographiques et d’analyses génétiques sur les années 2020 à 2025.
Dans le sud du Plateau, de Berne à Fribourg en passant par le canton de Vaud, la colonisation progresse. Plusieurs femelles y ont élevé avec succès leur progéniture. La lynx Mona fait figure de pionnière: c’est chez elle qu’a été documentée pour la première fois, dès 2012, une reproduction sur le Plateau.
Sur le Plateau, le chevreuil constitue la proie principale des lynx. Dans les Alpes en revanche, les lynx chassent plus souvent le chamois.
La circulation, principale menace
La circulation routière est la principale menace pour les lynx du Plateau. Ce sont surtout les jeunes animaux, qui quittent leur territoire pour en explorer de nouveaux, qui se retrouvent sur les routes et les voies ferrées. Ces dernières années, de nombreux animaux ont été tués par des voitures ou des trains.
Les perturbations causées par l'homme peuvent également avoir des conséquences négatives. Ainsi, dans un cas précis, des travaux d'exploitation forestière menés pendant la période d'élevage ont entraîné la perte de jeunes, car la femelle a dû quitter son lieu de mise bas.
Echange génétique lent
La Suisse compte trois populations de lynx : celle du Jura, celle du Nord-Est et celle des Alpes. En 2024/2025, le nombre total de lynx était estimé à 364.
Selon le rapport, le Plateau suisse offre une excellente opportunité de relier entre elles les populations de lynx des Alpes et du Jura, génétiquement appauvries et largement isolées.
Une analyse génétique portant sur 70 individus recensés sur le Plateau a confirmé que des animaux issus des deux régions d’origine s’y croisent.
Des accouplements entre des lynx des Alpes et du Jura ont déjà eu lieu. L’échange génétique ne progresse toutefois que lentement. Cela s’explique par un taux de mortalité élevé, qui fait que de nombreux animaux immigrés ou leurs descendants ne survivent pas assez longtemps pour se reproduire.
/ATS