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France/mouvement lycées: des violences, la gauche radicale accusée

01.10.2026 20h36

Blocage des lycées en France: les "violences urbaines" condamnées

Appelant à un "acte deux" après la première mobilisation nationale de mardi, les étudiants ont rejoint le mouvement jeudi, avec une trentaine de campus bloqués, selon le syndicat l'Union étudiante.

Photo: KEYSTONE/EPA/Firas Abdullah

Proviseurs agressés, dégradations, incendies: le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants, pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi en France. Le gouvernement a imputé la responsabilité des 'violences urbaines' à La France insoumise.

Les lycéens mobilisés revendiquent plus de moyens humains et financiers pour l'éducation nationale, se plaignant de la pression scolaire, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d'emplois du temps trop chargés.

En tout, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés. Les forces de l'ordre ont procédé à près de 2000 interpellations, selon les autorités. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés. Le ministre français de l'intérieur Laurent Nuñez a condamné 'une violence débridée'.

Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là.

Les services du premier ministre ont estimé que le mouvement avait basculé vers des 'violences urbaines' et affirmé que ce serait une 'manoeuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche'.

Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a aussitôt appelé le gouvernement 'à ne pas sombrer dans le complotisme'.

Proviseurs molestés

Dans de nombreuses villes, des poubelles ont été renversées sur la chaussée, des feux allumés devant ou dans les établissements, des projectiles lancés, des abribus brisés et des mortiers d'artifice et gaz lacrymogènes tirés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Plusieurs proviseurs ont été agressés ou molestés, comme en Normandie, à Clermont-Ferrand ou dans le Pas-de-Calais.

A Marseille, des membres de la direction du lycée Victor Hugo ont été agressés et des pompiers pris à partie lors d'une intervention sur un feu devant le lycée Saint-Exupéry. Devant ce même lycée, un journaliste de M6 a été agressé et sa caméra cassée, a indiqué le groupe.

Une quarantaine de lycées des Bouches-du-Rhône assureront leurs cours en distanciel vendredi.

A Perpignan, où six lycées ont été bloqués, une jeune fille a été blessée durant une manifestation par un projectile venant de la foule, selon la police. Dans la Marne, 13 policiers nationaux ont été légèrement blessés, selon la préfecture.

Des centaines de blessés

A Paris, un policier municipal a été blessé par des jeunes qui s'en sont pris à son véhicule, a déploré le maire PS Emmanuel Grégoire.

Selon la préfecture de police de Paris, une jeune policière qui s'était arrêtée pour récupérer une radio de police tombée au sol a été rattrapée par plusieurs personnes la menaçant de mort. Elle aurait reçu plusieurs coups de pied. Les faits ont été filmés et diffusés sur les réseaux sociaux. Elle a porté plainte.

Le ministre français de l'éducation, Edouard Geffray, a parlé de 235 blessés 'côté éducation nationale', '65 personnels', ce qui n'est 'jamais arrivé', et '160 élèves'.

Face aux violences, le garde des sceaux Gérald Darmanin a indiqué sur le réseau social X avoir reçu en visioconférence les 36 procureurs généraux pour 'leur demander une grande fermeté dans la réponse pénale envers les auteurs de ces faits inadmissibles'.

'Ligne rouge'

Les étudiants ont rejoint le mouvement jeudi. Dans l'enseignement supérieur, une 'quarantaine de sites' ont connu 'quelques blocages, quelques dégradations' jeudi, selon son ministre de tutelle Philippe Baptiste. Des collégiens ont aussi rejoint le mouvement.

Le ministre de l'éducation recevra vendredi les syndicats de l'éducation et les associations lycéennes, dont l'union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation, et de parents d'élèves, ainsi que les élus du conseil national de la vie lycéenne.

Le premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de renoncer à leurs déplacements dans les prochains jours pour que les préfets puissent se concentrer sur la gestion du mouvement. Il avait dénoncé dès lundi sur X une 'surenchère irresponsable' d'élus LFI qui avaient appelé à 'étendre' le mouvement de blocage des lycées.

Le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon avait aussitôt répliqué en l'accusant d'avoir 'ordonné la répression' du mouvement 'avec un arrière-goût raciste évident'.

Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 6 octobre, avec une très forte mobilisation attendue par les autorités.

/ATS