Google, Meta et TikTok attaquent une loi californienne
Meta, Google et TikTok ont saisi mercredi la justice fédérale pour bloquer une loi californienne en lien avec les moins de 16 ans.
Photo: KEYSTONE/AP/Jeff ChiuGoogle (YouTube), Meta (Facebook, Instagram) et TikTok ont saisi mercredi la justice fédérale pour bloquer une loi californienne interdisant, dès le 1er janvier, au moins de 16 ans des fils personnalisés et la lecture automatique des vidéos, même avec accord parental.
Dans trois plaintes distinctes en Californie, consultées jeudi par l'AFP, les groupes invoquent le premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d'expression, et une loi fédérale qui exonère les plateformes de toute responsabilité pour les contenus publiés par leurs utilisateurs.
Promulguée en septembre par le gouverneur démocrate Gavin Newsom, qui l'avait jugée 'meilleure' que l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans en Australie, la loi prévoit des amendes allant jusqu'à 50'000 dollars par mineur concerné.
Contrairement à un premier texte de 2024, que les trois groupes contestent déjà en appel, la nouvelle loi interdit ces fonctions même avec l'accord des parents. Les plateformes, se disant incapables de les désactiver, devront donc supprimer les comptes des moins de 16 ans.
La loi 'retire aux parents le contrôle de ce que regardent les enfants pour le confier à l'État', dénonce Google. TikTok se dit, selon sa plainte, contraint de choisir entre renoncer à ses droits et exclure tous les moins de 16 ans.
'Les modèles économiques de Meta, Google et TikTok reposent sur le fait de garder les enfants et les adolescents en train de faire défiler les contenus, et maintenant ils prétendent que ces fonctionnalités relèvent de la liberté d'expression', s'est étonnée auprès du New York Times Brooke Istook, directrice de l'ONG Heat Initiative.
Les trois groupes mettent en avant leurs outils. YouTube désactive par défaut la lecture automatique pour les moins de 18 ans, et TikTok limite par défaut l'usage à 60 minutes par jour.
Meta assure déployer en Californie de nouvelles restrictions pour les adolescents, dont une limite de deux heures par jour cumulées sur Facebook et Instagram et un blocage entre minuit et 6H00.
Ces deux restrictions figurent parmi les engagements pris par Meta dans un accord sans précédent conclu en août avec les procureurs généraux.
Google affirme aussi que l'État, en défendant la loi de 2024, a produit plus de 500 pages d'expertises sans identifier une seule étude établissant un lien entre recommandations personnalisées et préjudice pour les mineurs.
En août, un juge a refusé de suspendre la loi de 2024, estimant que YouTube n'avait pas démontré que ses fils personnalisés reflétaient un 'jugement éditorial humain'.
Meta et YouTube ont été condamnés en mars à Los Angeles à verser 6 millions de dollars à une jeune femme qui les accusait de l'avoir rendue dépendante à leurs plateformes. Des milliers de plaintes aux États-Unis visent les réseaux sociaux.
/ATS