Nouvelle-Zélande: aucune majorité claire après 50% de votes
Sur fond de législatives, de nombreux Néo-Zélandais ont confié à l'AFP avoir du mal à joindre les deux bouts et réfléchir à deux fois avant de dépenser.
Photo: KEYSTONE/EPA/BIANCA DE MARCHILe Premier ministre néo-zélandais sortant, le conservateur Christopher Luxon, a estimé dimanche avoir 'un espace pour former le prochain gouvernement', malgré un score encore 'trop serré pour être décisif' aux législatives face à l'opposition travailliste.
Ni le Parti national au pouvoir, ni l'opposition de centre-gauche incarnée par le Parti travailliste n'obtiennent de majorité au Parlement après ce vote dominé par les problèmes de coût de la vie. Aucun n'apparaît en mesure de gouverner sans le soutien de petits partis.
Au coude-à-coude
Ils sont au coude-à-coude avec environ 29 % des suffrages et seuls quelques milliers de votes les séparent.
Inflation, état du système de santé, prix de l'essence, montée du chômage - qui a atteint son plus haut niveau depuis plus d'une décennie - étaient les principales préoccupations des électeurs.
Les premiers résultats placent le Parti national de Luxon en tête en nombre de sièges - et, associé à ses partenaires de coalition, le parti populiste NZ First et le parti libertarien ACT, il disposerait d'une très courte majorité.
'Le Parti national reste le plus grand parti au Parlement et nous avons un espace pour former le prochain gouvernement. Mais pour l'instant, c'est trop serré pour être décisif', a déclaré Christopher Luxon devant des sympathisants à Auckland.
Il a annoncé qu'il dirigerait un gouvernement provisoire jusqu'au dépouillement des derniers votes, le 27 novembre. Ces centaines de milliers de bulletins spéciaux - qui incluent ceux des Néo-Zélandais vivant à l'étranger - pourraient faire pencher la balance du scrutin.
'Avec ces résultats définitifs, il pourra alors y avoir des négociations concrètes', a encore dit M. Luxon.
Plus tôt, devant ses partisans à Upper Hutt, près de Wellington, le chef de l'opposition néo-zélandaise et ancien Premier ministre travailliste, Chris Hipkins, a admis que son parti pourrait ne pas jouer un rôle dans le prochain gouvernement.
'Les Néo-Zélandais ont parlé. Cela pourrait nous prendre un peu plus de temps pour comprendre ce qu'ils ont dit', a-t-il déclaré.
'Le nouveau parlement exigera des compromis de la part de nous tous et va nous obliger à travailler ensemble et à trouver un terrain d'entente', a-t-il poursuivi.
'Si nous avons le privilège de former le gouvernement après cette élection, quand les résultats seront connus, nous nous mettrons tout de suite au travail', a encore déclaré M. Hipkins. 'Si ce n'est pas le cas (...), nous travaillerons chaque jour pour gagner la confiance des Néo-Zélandais'.
Christopher Luxon avait misé sur ses promesses de ne pas instaurer de nouveaux impôts pour parvenir à se maintenir au pouvoir après trois années de mandat mouvementées, avec deux tentatives infructueuses de son propre parti pour le destituer et une économie en berne.
Le Parti travailliste a lui proposé un ensemble de mesures pour alléger la pression économique sur les Néo-Zélandais, le prix des produits de première nécessité restant très élevé.
Les centristes du TOP
L'attention se tourne désormais vers des mouvements émergents, comme le Parti des Opportunités (TOP), centriste qui, selon les résultats partiels, obtient plus de 5 % des voix, le seuil nécessaire pour entrer au Parlement.
Qu'un petit parti sans lien avec les deux principales formations politiques parvienne à décrocher des sièges serait une première historique en Nouvelle-Zélande.
Le TOP est dirigé par Qiulae Wong, ancienne consultante chez KPMG et figure émergente de la politique néo-zélandaise, qui s'est engagée à collaborer avec l'un ou l'autre des deux grands partis si elle est élue.
La semaine dernière, elle expliquait à l'AFP offrir un espace politique aux Néo-Zélandais qui 'en ont vraiment assez des insultes entre politiciens, des querelles et des manoeuvres politiques visant à marquer des points' et qui 'aspirent vraiment à de l'espoir et à de l'optimisme pour l'avenir.'
Le coût de la vie
Dans les rues de Wellington, de nombreux Néo-Zélandais ont confié à l'AFP avoir du mal à joindre les deux bouts et réfléchir à deux fois avant de dépenser.
'Les prix sont vraiment élevés', expliquait Jay Ikaua, conseillère culturelle : 'Je dois prendre des décisions réfléchies. Est-ce que j'achète ça ? Est-ce que je ne l'achète pas ?'.
Rachel Shardlow, une fonctionnaire de 26 ans, a qualifié cette situation de 'choquante'. 'Je ne fais que payer mon loyer et mes factures, et j'ai du mal à mettre de l'argent de côté et à épargner pour mon avenir', déplorait-elle.
/ATS