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Des centaines de personnes encerclées par la police jusqu’à l’aube

15.06.2026 17h58 Denis PALMA

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La manifestation était terminée depuis plusieurs heures, mais l’opération policière s’est poursuivie toute la nuit. Près de la Perle du Lac, plusieurs centaines de personnes ont été encerclées dans une vaste nasse destinée à identifier les auteurs présumés des violences. Le dispositif n’a été levé qu’au lever du jour. Vingt-huit personnes ont été conduites au poste de police.

Des scènes de guérilla urbaine. Il est 19 heures. La manifestation a été dissoute depuis près d’une heure, mais les affrontements se poursuivent au croisement de la rue de Lausanne et de la rue de France.

Vers 20 heures, la police verrouille le secteur de Mon-Repos et étend progressivement son dispositif.

«L'idée de la manœuvre était de limiter la dispersion de ces individus violents. On parle d'environ 600 black blocs. Nous avons voulu contrôler leur identité afin de vérifier d'éventuels délits et déterminer les suites judiciaires à donner», explique Alexandre Brahier, chef du service presse de la police.

Un vaste encerclement au quai Wilson

À 22 heures, après plusieurs appels à la dispersion, la police met en place une vaste nasse dans le secteur du quai Wilson. Plusieurs centaines de personnes se retrouvent encerclées.

Parmi elles figure le député socialiste Mathieu Jotterand, qui dénonce une mesure disproportionnée.

«Il y avait des personnes qui observaient simplement la situation sur le quai. Puis tout à coup, de nombreux policiers ont couru pour les encercler. C'est complètement disproportionné», estime-t-il.

La police procède alors à des contrôles d’identité, une mesure validée par le procureur général.

Malgré la durée de l’opération, la situation reste calme à l’intérieur du périmètre. Selon plusieurs témoins et journalistes présents sur place, aucun affrontement ni tension particulière n’a été observé. 

Distinguer les casseurs des manifestants

Pour les forces de l’ordre, la difficulté consiste à identifier les auteurs des dégradations parmi la foule.

«Les black blocs sont organisés. Ils arrivent avec des vêtements de rechange. Après une confrontation, ils peuvent se changer et revenir en se présentant comme des manifestants pacifiques. Nous devons donc examiner chaque situation individuellement», poursuit Alexandre Brahier.

Une opération qui dure toute la nuit

Peu avant minuit, plusieurs personnes vulnérables, dont un enfant de 11 ans, sont autorisées à quitter le périmètre.

Pour les autres, l’attente se prolonge durant une grande partie de la nuit. Parmi eux figure Julia Josse, conseillère municipale d’Ensemble à Gauche et de l’Union populaire.

Vers 4 heures du matin, une couverture thermique sur les épaules, elle dénonce la durée de l’opération.

«Leur prétexte est de vérifier nos identités et de fouiller nos sacs. Mais ils ont eu neuf heures pour le faire. On ne comprend pas.»

Les contrôles se poursuivent jusqu’au petit matin. Au total, 549 personnes sont contrôlées. Vingt-huit, soupçonnées d’avoir participé aux dégradations, ont été conduites au poste pour des vérifications complémentaires. Trois personnes ont été arrêtées et auditionnées avant d’être remises en liberté.