Genève monte ses barricades
Jusqu'à 50'000 manifestants sont attendus dans les rues de Genève le 14 juin pour la mobilisation anti-G7. Alors que le parcours n'est pas encore définitivement validé, les premières palissades apparaissent déjà sur les vitrines. Entre inquiétudes sécuritaires et pertes économiques, commerçants, riverains et hôteliers s'organisent.
À quelques jours de la manifestation anti-G7, Genève commence à se protéger. Dans plusieurs secteurs de la ville, des commerces installent déjà des palissades en bois devant leurs vitrines. Une précaution prise alors même que le parcours définitif du cortège n'a pas encore été validé.
Le tracé actuellement proposé prévoit un départ du quai Wilson en direction de la rue de la Servette, avant de rejoindre la place des Nations. Sur la rive droite, les premiers signes de préparation sont visibles. Aux Pâquis, une banque située dans un bâtiment classé a déjà sécurisé ses façades. À la rue du Stand également, plusieurs commerces ont pris les devants, bien que le cortège ne soit pas censé passer dans ce secteur.
Des commerçants contraints de se protéger
À la rue de la Servette, directement située sur l'itinéraire envisagé, certains commerçants se préparent à leurs frais.
Pierre Pechaubes, gérant de Maison de la Literie, déboursera près de 5'000 francs pour protéger sa vitrine de 18 mètres de long. Il redoute autant les dégradations que les conséquences économiques de la manifestation.
«Je suis en colère parce que cela va potentiellement nous faire perdre du chiffre d'affaires et que nous n'avons aucun recours. J'ai surtout peur que ma boutique soit dégradée, parce que c'est mon outil de travail», explique-t-il.
Un peu plus loin, le magasin Servette Music sera lui aussi protégé. Cette fois, l'initiative vient du propriétaire de l'immeuble, soucieux de préserver la valeur patrimoniale du bâtiment.
«Le propriétaire a décidé de mandater une entreprise pour protéger les vitres et les boiseries. Cela nous rassure et nous arrange», relève Mathieu Bielser, vendeur au sein du commerce.
Les habitants réclament des informations
L'incertitude préoccupe également les riverains. Pierre Gauthier, ancien conseiller municipal, regrette le manque d'informations sur les modalités concrètes de la manifestation.
«On ne sait pas comment cela va se dérouler. Pourra-t-on sortir ou rentrer chez nous? La rue sera-t-elle bloquée? Quels sont les risques sécuritaires?» s'interroge-t-il.
Pour de nombreux habitants concernés par le tracé, les questions restent aujourd'hui plus nombreuses que les réponses.
Les hôtels évoquent déjà des pertes
Du côté des hôteliers, l'inquiétude est davantage économique que sécuritaire.
Sur le quai Wilson, aucun établissement n'envisage pour l'heure d'installer des palissades. Mais selon la Société des hôteliers de Genève, les effets du G7 se font déjà sentir.
«Nous enregistrons entre 10 et 15% d'annulations sur nos réservations alors que celles-ci étaient déjà inférieures aux années précédentes. C'est la double peine et une perte sèche pour notre secteur», affirme son président, Xavier Rey. Les professionnels estiment également que l'image d'hôtels barricadés aurait un impact négatif sur leur clientèle.
Reste désormais à savoir si le parcours proposé sera confirmé. La coalition No-G7 doit se prononcer sur le tracé soumis par le Conseil d'État. Une décision très attendue par tous ceux qui vivent ou travaillent sur l'itinéraire envisagé.