G7

La répression policière, argument des manifestants utile à la gauche

15.06.2026 17h09 Laure Lugon, Vincent Ulrich

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Au lendemain des débordements, NoG7 crie à la répression policière. Un récit repris par la gauche, même si certains s’en distancient. Pour la droite, ces attaques contre les forces de l’ordre sont construites à des fins politiques.

Depuis des semaines, le collectif NoG7 alerte contre les violences policières, un thème au coeur de son programme. Il n’a donc pas tardé à les dénicher lors de la manifestation, dimanche. Alice Lefrançois, membre du collectif et secrétaire syndicale du SIT, déclarait à la RTS dimanche soir: «Ces débordements sont l’expression de la colère, même si nous avions appelé à une manifestation pacifique. Ils ont été empirés par la police qui a tiré des gaz lacrymogènes, alors qu’elle aurait pu opérer différemment. Très souvent, ils ont créé l’escalade. Des personnes ont donc dû partir car elles n’arrivaient plus à respirer.»

«Je crois qu'ils voulaient qu'il y ait des violences policières et que certains d'entre eux sont venus pour ça»

Des propos qui font bondir la droite. Elle dénonce même une complaisance de la gauche radicale envers les casseurs afin de pouvoir nourrir son récit : «Je crois qu'ils voulaient qu'il y ait des violences policières et que certains d'entre eux sont venus pour ça, pour avoir ce commentaire, pour pouvoir dire qu'ils sont des victimes alors qu'en réalité, ils sont des acteurs, estime Cyril Aellen, conseiller national PLR. C'était probablement pour masquer leur complicité avec la tolérance des casseurs. Mais la population n’est pas dupe. La police a fait correctement son travail et aujourd'hui, on a beaucoup de chance à ce stade de la situation.

«La police était là pour réprimer, et même pour participer à l'escalade de la violence»

Le parti socialiste a embrayé derrière les représentants de NoG7. Dans son communiqué, il condamne la nasse qui s’est refermée sur des manifestants au parc Mon Repos lorsque la manifestation a été dissoute. Matthieu Jotterand, chef de groupe PS au Grand Conseil, y a été retenu jusqu’à trois heures du matin. S’il admet avoir vu des Black block lors du défilé, il assure qu’il n’y en avait plus au parc Mon Repos. «J'ai eu l'impression que la police n'était pas là pour encadrer la manifestation, qui se passait bien. Elle était là pour réprimer, et même pour participer à l'escalade de la violence. Sur la fin, elle a fait cette fameuse nasse, disproportionnée au regard des gens qui s'y trouvaient et de ce qui s'était globalement passé dans la manifestation.» Le député insiste sur l’action policière qui aurait manqué sa cible: «Ce qui me pose question, c'est la manière dont la police a vraiment réprimé ça violemment et a couru après des gens qui n'avaient rien fait, qui essayaient simplement de partir sans qu’ils n'aient d'échappatoire.» De son côté, le syndicat des services publics (SSP) appelle carrément à la démission de la conseillère d'État Carole-Anne Kast.

«J’ai trouvé que le dispositif des forces de l'ordre semblait proportionné et très organisé»

Ce discours n’est pas partagé par tous. Député socialiste, Romain de Sainte-Marie était aussi présent dans la manifestation, mais pas à l’arrivée au parc Mon Repos: «De ce que j'ai pu voir, j’ai trouvé que le dispositif des forces de l'ordre semblait proportionné, très organisé, même si les moyens m’ont paru peut-être trop importants par rapport à la réalité de la manifestation. Le seul élément que je n'ai pas compris, c'est ce concept de nasse à la fin.» 

Finalement, seules trois personnes auront été arrêtées et auditionnées. Elles sont libres à cette heure. La police poursuit ses investigations pour identifier les auteurs d’infractions.