Un "manifeste du casseur"? Un guide anti-G7 fait bondir certains élus
Comment passer la frontière sans être inquiété, échapper à l'identification policière ou encore tenir tête à la police lors d'une garde à vue. Le collectif No G7 diffuse un guide pratique à l'usage des manifestants. Un document présenté comme un outil d'information juridique, mais qui fait bondir certains élus: ils y voient un mode d’emploi pour se jouer des forces de l’ordre, contourner la loi et se comporter en parfait casseur.
16 pages de conseils pratiques avant, pendant et après la manif anti-G7. Ce guide détaille par le menu les comportements à adopter face aux forces de l'ordre. Comment franchir la frontière suisse sans être refoulé? Le guide recommande d'arriver avant le renforcement des contrôles et de mettre en avant un autre motif de séjour que le G7.
Comment éviter d'être identifié? Malgré l'interdiction de principe de se dissimuler le visage dans l'espace public, le document invite les manifestants à avoir de quoi se masquer entièrement le visage, les cheveux ainsi que tout signe distinctif. Jusqu'à porter des gants. «Moins la police peut t'identifier selon ce que tu fais, mieux c'est», peut-on y lire.
Interpellation, audition, garde à vue: le guide détaille également l'attitude à adopter face aux enquêteurs et recommande de répondre systématiquement: «Je n'ai rien à déclarer».
«Le parfait manifeste du casseur»
Pour Sébastien Desfayes, ce document ne prépare pas à une manifestation pacifique, mais à casser tout en se prémunissant contre d'éventuelles poursuites: «Je l'ai lu comme le parfait manifeste du casseur qui se fond dans la masse, qui n'est pas reconnaissable pour échapper aux sanctions. Ces gens-là méprisent les droits de la majorité silencieuse, mais en même temps entendent profiter de tout l'arsenal juridique à leur disposition pour échapper à la sanction en cas de casse. Et cette perversité, elle est absolument incroyable.»
Pas d'avocats commis d'office
Le guide fournit une liste de dix avocats recommandés en cas d'interpellation. Il invite les personnes interpellées à se méfier des avocats commis d'office. «Fais attention à ne rien lui révéler» et «il vaut donc mieux attendre qu'un avocate-x de l'antirep puisse reprendre le dossier», recommandent les auteurs.
Contactés par Léman Bleu, ni le collectif No G7 ni les avocats figurant dans le guide n'ont retourné nos invitations à s'exprimer.