Culture

Au PAV, le baile funk s’est imposé sur les dancings

10.02.2026 18h58 Martin Esposito

De nombreux établissements nocturnes misent sur ce style musical, au point que certains le mettent en avant chaque week-end. 

Si vous sortez au PAV à Genève, il y a de fortes chances que vous tombiez sur du baile funk, ou funk carioca. Ce genre musical venu du Brésil connaît un vrai succès. Actuellement, le Grand Central d’Antigel le met en avant lors d’une soirée sur trois. Mais ce n’est pas tout. Nous avons analysé les affiches de plusieurs établissements nocturnes entre janvier et juillet 2025. Verdict? Au Village du soir, 9 soirées lui sont dédiées. Un chiffre similaire à la Gravière. Quant au Motel Campo, la quasi-totalité des soirées proposées durant cette période fait mention de ce style. 

Même le Zoo, temple de la techno genevoise, a programmé une soirée sur ce thème le 11 janvier cette année-là. Plusieurs DJ genevois du milieu nous confirment une hausse de l’intérêt pour ce genre musical. Pour la DJette Segen, ce succès est lié à l’explosion à l’échelle mondiale du genre il y a quelques années, mais aussi à la présence d’une scène genevoise qui fusionne le baile funk avec d’autres sonorités.

Utilisé à tord?

D’autres, venus de styles musicaux différents, assistent à cette montée en puissance. Pour le Genevois Ewawe, ce virage est lié à la baisse de popularité de l’EDM, «on est sur une autre génération», mais aussi à la physionomie cosmopolite de Genève: «On sait que l’on a une grande population qui est fière de sa musique, forcément on ne va pas leur proposer des soirées à thème électronique si cela n’est pas ce qu’ils recherchent.»

Pourtant, le terme baile funk pourrait être utilisé de manière trop large pour attirer le public: «Ça m’est arrivé de ne pas passer de baile funk dans mes sets et d’être catégorisé comme tel, explique Segen. Souvent c’est utilisé comme mot-valise pour les musiques urbaines ou afrodescendantes, donc c’est à double tranchant.»

Cet essor du baile funk est accompagné de l’émergence d’autres genres. Shatta et Bouyon se font également une place dans les nuits genevoises.