Au Théâtricul, les Farfadets plongent dans la folie d'un aliéné du XIXe
Dans «les Farfadets», présenté du 19 au 31 mai au Théâtricul, Dominique Ziegler adapte les écrits délirants d’un bourgeois du XIXe siècle persuadé que des démons gouvernent le monde. Une plongée dans la paranoïa, mais aussi un miroir troublant de notre époque.
Dominique Ziegler s’attaque à un personnage méconnu et extravagant avec sa nouvelle création Les Farfadets. Le metteur en scène genevois adapte les écrits de Berbiguier de la Terre-Neuve du Thym, un bourgeois avignonnais du début du XIXe siècle considéré comme l’un des grands cas de paranoïa littéraire.
Berbiguier a rédigé à la fin de sa vie une œuvre monumentale de 1’200 pages pour alerter l’humanité de la présence des «farfadets», des démons qu’il juge responsables de tous les malheurs du monde. «Ils sont à l’origine des dérèglements climatiques, de la Révolution française, de la mort de Jeanne d’Arc. Bref, ils sont partout», raconte le metteur en scène genevois, décrivant les délires de l’aliéné.
«C’est totalement délirant», explique Dominique Zeigler évoquant aussi que ce texte fascine autant les amateurs de littérature fantastique que les psychiatres. «C’est le plus grand cas de ce qu’on appelle la monomanie», explique-t-il, à savoir «Quelqu’un qui est obsédé par un seul et même délire et qui le partage au monde entier».
«Le reflet déformé de cette société»
Le metteur en scène dit avoir découvert cet univers par hasard, lors d’une présentation sur les «fous littéraires» à la Société de lecture de Genève. Ce qui l’a immédiatement frappé, c’est «la richesse délirante des descriptions de l’univers qu’aucun romancier ne peut atteindre».
Adapter cette matière foisonnante à la scène n’a pourtant rien eu d’évident. Dominique Ziegler a dû condenser les 1 200 pages en un monologue interprété par le comédien Julien Tsongas. «Il fallait trouver le fil conducteur sans trahir la folie du type», détaille-t-il.
Pour le metteur en scène, cette folie agit comme «un échappatoire à la violence du monde», mais aussi comme «le reflet déformé de cette société».