De Gaza au MAH, la survie d’une mosaïque
Au Musée d’Art et d’Histoire, une mosaïque de Gaza vient de changer de conditionnement. Découverte.
La mosaïque byzantine n'a pas revu sa terre d'origine depuis bien longtemps. Découverte à Gaza, elle fait partie d'un ensemble prélevé dans les années 90 par une équipe franco-palestinienne. En 2007, le Musée d'Art et d'Histoire de Genève présente une grande expo sur Gaza et expose plus de 600 objets. A la fin de l'exposition, ils ne peuvent pas repartir. A la demande des Palestiniens, le musée les conserve. On pense alors les renvoyer quelques mois plus tard. Près de deux décennies plus tard, Ils sont toujours à Genève.
«Ils sont propriétés de l'autorité palestinienne et on gère effectivement en collaboration, donc on a un protocole d'accord, explique Béatrice Blandin, conservatrice. Le musée prend soin de ces collections comme de ses propres objets. Et quand il y a des demandes de prêts, on les évalue conjointement. Et après, c'est le musée qui met en œuvre ces prêts. Généralement, je me déplace sur place, on déballe les objets, on fait les constats d'État, on les met en vitrine et on fait la même chose pour le retour.
Aujourd'hui, il est impossible de se rendre sur le site de Deir el-Balah, d'où provient cette mosaïque. Elle va donc rester à Genève pour un certain temps et pourtant, elle était toujours dans ses caisses de transport fabriquées lors de son arrivée à Arles. C'est le conditionnement de l'ensemble du fonds qui est à revoir. «Grâce à un soutien financier de l'OFC, on est en train de revoir tout le conditionnement des objets. On le fait par matériaux et on fait des conditionnements aussi plus petits, ce qui facilite la manutention et aussi la veille sanitaire. Et effectivement, les matériaux employés sont ceux d'aujourd'hui. Les moustes vieillissent mal au fil du temps, donc ça devenait urgent de les remplacer.»
Pour Tania Esposito, cheffe suppléante du transfert international des biens culturels à l’OFC, «une des priorités, c'est vraiment de soutenir, de protéger les biens culturels qui sont menacés par des crises, par des guerres, par des catastrophes, c'est vraiment pour les générations futures, c'est l'héritage de ces pays.» Avant de retourner un jour en Palestine, c’est donc à Genève d'assurer la protection et la conservation de ce patrimoine.