Entre tradition et modernité, les artisans se dévoilent aux JEMA
Chaque année durant 3 jours, le Pavillon Sicli accueille toute la diversité des métiers d’art à Genève. 31 artisans, des écoles formatrices, des ateliers et des conférences. Un riche programme complété par des ouvertures d’ateliers dans différents lieux du canton et des parcours culturels réunissant 12 institutions. Autant de propositions qui invitent le public à découvrir et à rencontrer celles et ceux qui font vivre le patrimoine genevois.
Dans cette rue de Carouge on rencontre Peter Kammermann, tapissier et architecte d’intérieur. Depuis 30 ans son atelier est visible des passants. Aujourd’hui il s’occupe de ce siège du XIX siècle. Pour le recouvrir il utilise ce textile produit à partir de crins de cheval.
Peter Kammermann sait manier le textile, fauteuils, rideaux, tapisseries, pour chaque projet il choisit dans un large stock de couleurs et de fibres. Mais son travail ne s’arrète pas là. Loin des standards de la consommation industrielle, le travail artisanal s’inscrit dans une logique où chaque choix engage une certaine idée de la qualité et de la production en phase avec les sensibilités contemporaines.
Un engagement pour des pratiques durables également porté par Olivier Veuthey. Ce menuisier ébéniste travaille le bois depuis 20 ans avec un respect tout particulier pour sa matière première. L’une des fiertés d’Olivier Veuthey c’est ce fauteuil qu’il décline au gré des goûts et des envies. Aujourd’hui ce fauteuil, Olivier le produit en collaboration avec la Fondation Aigues-Verte, un aspect social qui donne un supplément d’âme à cet objet sobre et efficace.
La diversité des projets d’Olivier reflète un travail qui se déploie entre usages et sensibilités. À l’image de ce bol en frêne, où la matière s’exprime avec justesse et simplicité. Un rapport au bois qui trouve ses racines dans l’enfance.
Marie Schott elle aussi a découvert son futur métier très tôt, dans l’atelier de ses parents encadreurs d’art. Aujourd’hui, ils travaillent en famille et ce qui lui plait le plus dans son activité, c’est la diversité des tâches et des projets.Le jour de notre tournage, alors que Denis Schott scie un vieux cadre trop grand, Marie fabrique une pièce sur mesure. Après avoir peint le cadre, il faut s’occuper de la vitre en verre.
Réaliser un encadrement c’est une succession d’étapes précises. Dans l’entreprise ils sont 7 avec chacun leur spécialité. Et si les techniques sont ancestrales, le métier a bien évolué. Mais alors qu’est-ce qui fait un encadrement réussi ?
Un souci du travail bien fait, une méticulosité constante et des enjeux forts de transmission du savoir-faire. Entre héritage et innovation, les métiers d’art font front commun à l’occasion de ces Journées européennes, affirmant la vitalité et la continuité de ces pratiques
Les journées européennes des métiers d’art c’est à vivre jusqu’à dimanche au Pavillon Sicli et dans de nombreux autres lieux du canton. Tout le programme est disponible sur le site de l’Association Métiers d’art Genève qui organise la manifestation.