Fabien Scotty explore la résistance au numérique dans son enquête photographique
Depuis 2016, la Ville de Genève confie chaque année à un photographe le soin de porter un regard sur le territoire cantonal. Après les pratiques sportives puis la mobilité, le thème des résistances a été proposé aux artistes. En 2024, Fabien Scotti s’est intéressé à la place dominante du numérique.
«Les personnes et les collectifs que j'ai rencontrés militent pour un numérique open source, raconte le photographe Fabien Scotti. Il y a vraiment cette idée d'ouverture qui s'oppose à ce numérique opaque des grandes plateformes.» Son travail met en regard deux univers: le réel et le virtuel. Il interroge la dépendance aux écrans, mais aussi les formes de résistance et de résilience qui émergent en réponse.
L’enquête s’appuie sur des rencontres avec des individus, des collectifs et des entreprises, autour d’un point commun: le rapport au vivant, en contrepoint du développement technologique. Il montre un portrait: «Elle manifestait sinon une résistance, en tout cas un désintérêt dans ses propres termes pour les technologies numériques et qui avait comme passion l'apiculture. C'était l'idée pour moi d'avoir deux systèmes complexes, l'un vivant, l'autre numérique, mais dans lesquels on peut intervenir. Donc là c'est un système, c'est une ruche concrètement. En parallèle, un système numérique qui est un NAS en l'occurrence.»
Les vingt clichés réalisés sont désormais conservés à la Bibliothèque de Genève. Ils témoignent d’une époque marquée par une dépendance croissante à des outils en constante évolution. Sur cette image, prise au bord du lac, le photographe saisit une personne en retrait des plateformes numériques. L’usage du flash contribue à préserver son anonymat. «Représenter le numérique, c'est très difficile par la photographie, parce qu'on est dans des choses qui sont assez intangibles. Et puis la résistance à quelque chose d'intangible, c'est d'autant plus difficile. Donc il a fallu s'intéresser à ce que faisaient ces personnes-là et qu'est-ce qui gravitait autour de cette résistance.»
L’enquête explore également des zones intermédiaires : initiatives visant à rendre les outils numériques plus accessibles et transparents, démarches de recyclage ou encore approches à dimension sociale. Le travail de Fabien Scotti est à découvrir dans son intégralité sur le site de la BGE.