Geneva Lux: dans les coulisses de Polaris
Ce dôme lumineux situé au Jardin anglais attire le regard. Avec ses 20 barres lumineuses, il a demandé une préparation quasi chirurgicale. Reportage.
Quelques heures avant le début de Geneva Lux, Théo et Pablo calibrent les derniers détails de leur création Polaris. Cette demi-sphère, conçue par François Moncarey, le directeur artistique de la manifestation, accueille l'œuvre audiovisuelle de ces artistes genevois. Un voyage vers l'étoile Polaire, du froid au chaud. Dans l'hiver genevois, Théo et Pablo n'ont que quelques heures pour adapter leur travail aux conditions réelles. Jusqu'à présent, ils n'ont pu créer qu'à partir de modèles 3D.
Quelques jours plus tôt, nous les rencontrons au chaud dans leur atelier. «Le média qu'on envoie dans les barres LED, ça se résume à quelque chose comme ça, vu qu'on a nos 20 bars qui font 140 pixels de haut et 4 pixels de large, montre Pablo Felley. Et en 3D, ça donne le résultat que vous voyez derrière. Du coup, sans construire de modèle, c'est assez dur de se rendre compte du résultat, surtout quand on bosse dans un projet immersif. On a besoin de savoir que la lumière subit la spatialisation sonore.
Musique et lumières dialoguent
Pour cette création, ils collaborent avec l'artiste sonore Owelle, qui a conçu toute la partie musicale. «Moi, j'ai commencé à faire la musique de mon côté et Structural, ils ont commencé à faire les visuels de leur côté, mais en ayant à peu près des indications de dramaturgie, de durée, explique l’artiste. On a mis en commun leur piste visuelle et mon son à peu près terminé pour ensuite faire des liens audiovisuels et faire que la musique et le son correspondent.»
Le challenge de cette création, le son basé sur des structures euclidiennes, contrôle la lumière et se déplace grâce à quatre haut-parleurs. « J’ai des automations qui créent des rotations. La source sonore va ensuite se déplacer comme ça, sur le rythme de mon automation.»
Si c'est une première pour Owelle, Théo et Pablo sont des habitués de Geneva Lux: «On aime bien, chaque année, repousser un peu le truc, en se demandant qu'est-ce qu'on fait de nouveau cette année, détaille Théo Phildios «On a toujours envie de rajouter plus. On a commencé très simple aussi et au fil des années on commence à comprendre, d'assimiler plein de sujets différents dans des domaines différents et donc on peut vraiment pousser de plus en plus.» «Sur un projet comme ça, on essaie aussi de penser pas seulement à l'œuvre, mais à l'environnement qu'il y a autour, aux arbres qui peuvent se faire éclairer, ajoute Pablo Felley. Vu que là, il y aura du public à l'intérieur de l'œuvre, c'est intéressant d'avoir des rythmiques qui tournent à 360 et qui projettent du coup les ombres du public.» Polaris, une œuvre à découvrir au Jardin anglais jusqu'au 1er février dans le cadre de Geneva Lux.