L'opéra s'installe au BFM avec l'Italienne à Alger
Première production lyrique de l’année 2026, L’Italienne à Alger de Rossini marque le déménagement temporaire de l’opéra du Grand Théâtre au Bâtiment des Forces Motrices (BFM). À voir jusqu'au 5 février.
Le critique lyrique du Wanderersite.com Guy Cherqui livre son analyse nuancée sur cette proposition extra-muros. «On se retrouve au BFM, qui est un bâtiment assez impressionnant», observe Guy Cherqui, «même si la salle est un petit peu aseptisée».
Pour ouvrir cette saison hors les murs, Rossini et son Italienne à Alger. Une œuvre charnière, à la croisée de l’opéra bouffe et de l’opéra dit de sauvetage. «Quelqu’un est prisonnier et la personne qu’il aime vient le sauver. Généralement un homme, ici, c’est une femme», souligne-t-il.
Une proposition réussie
La mise en scène signée Julien Chavaz prend ses distances avec l’imaginaire orientaliste. «Le temps n’est pas tout à fait à se moquer, aux turqueries», explique Guy Cherqui. Le choix est clair: un travail acharné sur le comique de situation et sur les personnages pour un résultat «millimétré, qui fonctionne très bien sur le public», note le critique lyrique qui évoque une mise en scène discutable, mais travaillée et réussie.
Sur le plan vocal, l’analyse est plus nuancée. «Rossini, c’est très difficile», insiste Guy Cherqui. Si l’ensemble tient la route, certaines prestations se distinguent. «Gaëlle Arquez est une somptueuse Italienne, peut-être un peu froide» et «Nahuel Di Pierro, qui incarne Moustapha, fait un numéro absolument incroyable», exemplifie le spécialiste.
Un défi pour l'OSR
Côté fosse, l’Orchestre de la Suisse romande convainc globalement. «L’orchestre est toujours en forme», assure Guy Cherqui, tout en relevant «un manque de dynamisme» lié à une moindre familiarité avec ce répertoire. Il encense toutefois la direction de Michele Spotti. «C’est un des jeunes chefs italiens qui a le plus d’avenir aujourd’hui».
Il conclut sur un moment fort: «le concertato final du premier acte est vraiment très réussi, avec un véritable effet sur le public». L’Italienne à Alger est à voir au BFM jusqu’au 5 février.