Le MAH commémore le symboliste Carlos Schwabe
À l’occasion du centenaire de la mort de Carlos Schwabe, le Musée d’Art et d’Histoire lui consacre une rétrospective. Le peintre symboliste, formé à Genève avant de faire carrière à Paris, est particulièrement bien représenté dans les collections du musée.
Au cœur de l’exposition trône La Vague, l’un des tableaux les plus spectaculaires de Carlos Schwabe. L’accrochage a été pensé comme une nef d’église, avec cette œuvre emblématique placée au centre.
Le tableau appartient aux collections du Musée d’Art et d’Histoire depuis 1932. Il avait été offert à l’institution par la veuve de l’artiste. Un demi-siècle plus tard, les études préparatoires de l’œuvre rejoignent elles aussi les collections genevoises.
Carlos Schwabe est associé au symbolisme, un mouvement artistique apparu dans la seconde moitié du XIXe siècle. «C’est un courant qui consiste à envisager les choses qui nous entourent comme porteuses de symboles, permettant différentes interprétations et offrant aux artistes un moyen d’exprimer le lien entre un monde métaphysique et le spectateur», explique Milan Garcin, conservateur responsable de la collection beaux-arts du MAH.
Une formation genevoise déterminante
Né près de Hambourg, en Allemagne, Carlos Schwabe s’installe à Genève avec sa famille durant son enfance. Il y passe une quinzaine d’années et se forme à l’École des arts industriels.
Cette institution joue un rôle clé dans sa formation. «C’était une école importante qui formait des personnes à dessiner pour les arts industriels. L’enseignement était centré sur l’apprentissage du dessin et de l’aquarelle d’après nature» détaille la Dre Marie-Eve Celio-Scheurer, conservatrice responsable de la collection des arts graphiques du MAH.
Cette formation marque durablement son travail. «Le soin apporté au dessin et au détail, notamment dans les éléments végétaux, reste une caractéristique forte de son œuvre» ajoute-t-elle.
Une carrière parisienne couronnée de succès
Après ses années genevoises, Carlos Schwabe s’installe à Paris où il développe une carrière prolifique. Il réalise des affiches, des aquarelles et de nombreuses illustrations pour la littérature.
Parmi ses collaborations figurent notamment Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck ou Le Rêve d’Émile Zola. De son vivant, l’artiste connaît un succès certain: l’État français acquiert certaines de ses œuvres, tout comme le Musée d’Art et d’Histoire de Genève.
«On remarque que la qualité du dessin est toujours très forte. Schwabe excelle comme dessinateur et aquarelliste. On y voit l’influence directe de sa formation genevoise» note Marie-Eve Celio-Scheurer.
Un imaginaire toujours vivant
Carlos Schwabe a également signé des affiches pour des opéras et développé un univers visuel marqué par le mysticisme et la symbolique.
Aujourd’hui encore, ses images continuent d’inspirer. Certaines de ses œuvres apparaissent sur des pochettes de CD et de vinyles. Sa célèbre Vague a notamment été reprise par plusieurs groupes de métal.
L’exposition réunit une cinquantaine d’œuvre, elle se tient jusqu’au 16 août.