Le théâtre «Le Monique» veut redonner ses lettres de noblesse au cabaret
Le P’tit Music’Hohl change de visage. Rebaptisée «Le Monique», la salle de Cointrin fait peau neuve et est désormais codirigée par Aurelia Loriol et Karel Matousek. Leur ambition: préserver l’héritage du lieu tout en offrant une scène professionnelle aux arts alternatifs.
Une nouvelle page s’ouvre à Cointrin. Créé en 1989, le P’tit Music’Hohl laisse place au Théâtre «Le Monique», un espace consacré au cabaret et aux arts alternatifs. À sa tête, Aurelia Loriol et Karel Matousek, tous deux issus et passionnés de la scène. Leur objectif est clair: «redonner les lettres d’or aux cabarets et aux arts alternatifs».
Reprendre une salle chargée d’histoire implique toutefois de trouver un équilibre entre héritage et renouveau. «On nous fait confiance pour moderniser, pour aussi garder l’âme de ce que ça a été et en faire quelque chose de nouveau», explique la co-directrice. Pour Aurelia Loriol, cette continuité passe notamment par les artistes: l’une des personnes programmées pour l’ouverture avait déjà participé à celle du P’tit Music’Hohl. «On garde l’âme aussi en faisant perdurer les liens entre les artistes et les générations.»
Le nouveau nom est lui aussi chargé d’histoire. Il rend hommage à la grand-mère d’Aurelia Loriol, qui tenait à Genève un cabaret baptisé Chez Monique, où elle accueillait de nombreux artistes. «C’était en clin d’œil», raconte Aurelia Loriol.
Du drag, des claquettes et du stand-up
Sur scène, Le Monique entend justement cultiver le mélange des genres: claquettes, jazz, drag show, burlesque, stand-up ou encore improvisation. «On a tous les arts qu’on retrouve rarement en institutions», souligne Aurelia Loriol. L’idée est de proposer des soirées pluridisciplinaires et de permettre au public de passer d’un univers à l’autre. «Je trouve ça formidable de pouvoir aller en spectacle où on est surpris de numéro en numéro.» La co-directrice aime bien l’idée de comparer ce lieu à ce que propose l’émission «Incroyable Talents« à travers le monde.
Le projet se veut également un soutien concret aux artistes. Le Monique ne se contente pas de programmer: il produit ses spectacles. Une manière de lutter contre la précarité qui touche ces disciplines. «On n’est souvent pas employé, il n’y a souvent pas de cachet, c’est au chapeau», constate Aurelia Loriol. La salle veut ainsi «offrir de l’employabilité aux artistes» et les accompagner dans leur professionnalisation.
À côté du Grand Cabaret, réservé à des artistes plus confirmés, le Petit Cabaret doit servir de tremplin aux talents locaux et permettre de tester de nouveaux numéros. Avec un prix fixé à 10 francs, la formule se veut aussi accessible au public. «Le but, c’est que vraiment tout le monde ait accès à cette salle», conclut Aurelia Loriol.