Madame Butterfly au BFM, une «solide production»
En représentation au BFM jusqu’au 3 mai, Madame Butterfly séduit par une mise en scène épurée et une distribution solide. Le critique lyrique Guy Cherqui livre sa lecture de cette revisite de l’œuvre majeure de Puccini.
«Ça s’appelle une tragédie japonaise», D’emblée, Guy Cherqui plante le décor. Madame Butterfly, actuellement à l’affiche du BFM sous l’égide du Grand Théâtre de Genève, raconte «pratiquement un piège» : celui d’une jeune Japonaise mariée à un soldat américain qui ne reviendra jamais.
«En fait, elle y croit et personne d’autre qu’elle n’y croit», souligne le critique. Abandonnée avec un enfant, l’héroïne attend en vain, avant un dénouement tragique. «Il revient, il lui reprend son fils, elle se suicide.»
Pour Guy Cherqui, la force de l’opéra tient à CE personnage principal. Puccini fait des portraits de femmes, «Et là, c’est le portrait d’une femme pratiquement unique», explique-t-il. Les autres rôles, y compris celui du ténor américain, «comptent peu».
Une mise en scène «intelligente et rapide»
La production confiée à la metteuse en scène tchèque Barbora Horáková convainc. «Une jeune metteuse en scène extrêmement intéressante et assez raffinée», note Guy Cherqui.
Son choix: faire porter l’histoire par le fils de Butterfly, devenu adulte. Il y a deux niveaux de regard, détaille le critique, entre la mémoire du fils et cette femme qui est toujours dans sa bulle.
Côté plateau, Guy Cherqui salue une « belle distribution ». Il met en avant Corinne Winters, qui livre une Butterfly «extrêmement émouvante». Au final, le verdict est sans appel. «Une seule chose : il faut vraiment y aller, parce que c’est une solide production», conclut Guy Cherqui, visiblement conquis. Madame Butterfly est à voir au BFM jusqu’au 3 mai.