«Un Américain à Paris», une fête grandiose au Grand Théâtre
Avant sa fermeture pour travaux, le Grand Théâtre accueille la comédie musicale de George et Ira Gerschwin. Un spectacle d’envergure internationale qui a conquis Guy Cherqui.
Dans une ambiance festive et familiale, le public genevois a répondu présent. «Il y avait beaucoup d’enfants, beaucoup de familles, et tout s’est déroulé dans une très grande bonne humeur», raconte Guy Cherqui, critique lyrique pour wanderersite.com.
Créé en 2014 au Théâtre du Châtelet, Un Américain à Paris est un «spectacle clé en main», fruit d’une collaboration avec Broadway. Coût de production vertigineux, décors sophistiqués, fluidité des enchaînements: tout respire la maîtrise. «C’est ce qu’on peut faire de mieux en matière de comédie musicale», estime Guy Cherqui, qui souligne la capacité américaine à atteindre une forme de perfection scénique.
Adaptée du film de 1951 de Vincente Minelli, l’intrigue a été approfondie. L’histoire, située après la Seconde Guerre mondiale, donne une épaisseur nouvelle au personnage de Lise, jeune femme juive cachée par une famille française. «Il y a quelque chose de très profond, une grande humanité, et c’est ce que je trouve très fort», insiste le critique.
Un casting cinq étoiles
Sur scène, le niveau est à la hauteur de la production. Robbie Fairchild, déjà présent à la création, impressionne toujours dans le rôle de Jerry. Mais la révélation vient de Lise Dassin, incarnée par Anna Rose O’Sullivan. Danseuse étoile du Royal Ballet de Londres, elle signe ici son premier musical. «Elle est absolument phénoménale, à la fois fragile, et parfaite dans la danse. Elle m’a enthousiasmé», confie Guy Cherqui.
Dirigé par Wayne Marshall, spécialiste du genre, l’Orchestre de la Suisse romande participe pleinement à la fête. Une fête teintée d’émotion aussi, alors que le Grand Théâtre s’apprête à fermer pour travaux. «Finir sur une note pareille, ça va donner envie d’y revenir nombreux», conclut notre critique. «Un Américain à Paris» est à l’affiche du Grand Théâtre de Genève jusqu’au 31 décembre, soirée de Nouvel An comprise.