Un marathon Beethoven au théâtre des Salons
ClassiCosy propose l’intégrale des 16 quatuors de Beethoven du 20 au 25 avril. Un défi musical rare, porté par le Quatuor Strada.
Seize quatuors en cinq jours: le pari est ambitieux. L’association ClassiCosy investit le Théâtre des Salons pour une immersion complète dans l’œuvre de Beethoven. «C’est un gros challenge, un marathon béthovenien», résume sa directrice artistique Marie-Barbara Berlaud.
Habituée aux intégrales, ClassiCosy assume ce format dense. «Ça permet vraiment de déguster le langage d’un compositeur», explique-t-elle. Une plongée dans un répertoire qui «révolutionne notre manière d’écouter de la musique». Du classicisme aux œuvres les plus tardives, le cycle traverse toutes les facettes du compositeur.
Une expérience qui ne devrait pas dérouter le public, malgré la richesse et la diversité des pièces. «On ne va pas perdre le public», assure Marie-Barbara Berlaud, évoquant des passages «qui font penser presque à de la musique métal», comme le Scherzo de l’opus 135, ou encore les célèbres Razumovski.
Une musique exigeante, pour les musiciens comme pour le public
Les derniers quatuors, souvent jugés déroutants à leur création, restent aujourd’hui encore exigeants. «Beethoven n’a pas écrit ces quatuors pour faire plaisir aux gens», rappelle la directrice artistique. «Il se fichait pas mal de ce que les gens pouvaient penser.» Une démarche proche de l’expérimentation, amorcée dès les trios à cordes.
Pour les interprètes, le défi est aussi technique. «Beethoven ne ménage pas les musiciens», souligne Marie-Barbara Berlaud, elle-même altiste. Entre difficultés instrumentales et œuvres longues — jusqu’à près de 50 minutes pour l’opus 132 — «le challenge est de rester en éveil».
Ce défi, c’est le Quatuor Strada qui le relèvera. Un choix naturel pour ClassiCosy. «Pierre Fouchenneret est un fidèle, c’est toujours un plaisir de l’accueillir», explique-t-elle. Le projet est né presque spontanément, «un peu fou, mais pourquoi pas».
Les concerts se déroulent chaque soir dès 19h30 au Théâtre des Salons.