Droits de douane: «L'incertitude c'est l'ennemi n°1 de l'économie»
Après la décision de la Cour suprême américaine de casser les taxes imposées par Donald Trump, de nouveaux droits de douane (10%) sont entrés en vigueur en Suisse. Elsa Floret, directrice de la communication de la CCIG, analyse ce changement pour le tissu économique genevois.
Les nouveaux droits de douane américains, fixés à 10%, sont entrés en vigueur ce matin. Pour la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG), la situation reste floue et pesante pour les entreprises genevoises. «La CCIG prend acte. On scrute l’actualité, elle change tous les jours ou toutes les heures», réagit Elsa Floret, directrice de la communication de la CCIG en précisant que la faîtière économique «ne se réjouit pas fondamentalement».
Si la Cour suprême américaine a cassé certaines taxes, d’autres droits sectoriels restent en vigueur, entre 10 et 50%, notamment sur les métaux et plusieurs secteurs industriels. «On souffle le chaud et le froid», résume Elsa Floret qui rappelle que les nouveux droits peuvent encore être réhaussé de 5 points, ce qui reste loin des 39% d’il y a quelques mois à peine. Pour la Genevoise, l’essentiel est ailleurs: «L’incertitude, c’est vraiment l’ennemi numéro un de l’économie, l’ennemi numéro un des affaires».
Une visibilité limitée à 150 jours
Les nouveaux taux sont annoncés pour 150 jours. Après? «On ne sait pas ce qui va se passer» Pour Elsa Floret, cette instabilité «n’allège pas et ne simplifie pas la vie» des entrepreneurs et autres acteurs du tissu économique genevois.
Peut-on parler d’un soulagement? «Non, ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle. […] On reste dans ces niveaux de 15%», répond Elsa Floret qui rappelle que par manque de choix, il est question aujourd'hui d'obervation et «d'attentisme».
Pas de taxes en retour
Face à Washington, la Suisse doit-elle riposter? Pour Elsa Floret, la réponse est claire: «Il faut continuer de négocier et ne pas répondre œil pour œil.» Instaurer des taxes réciproques reviendrait à importer de l’inflation. «Quand vous augmentez vos droits de douane, vous rendez plus chers les produits en importation. […] Ce n’est pas ce qu’on veut en Suisse. On ne va pas importer une inflation.»
La stratégie helvétique reste donc diplomatique. Une délégation parlementaire suisse est actuellement à Washington. Dans ce contexte de négociation, la clé réside dans la diversification pour l'économie genevoise. «L’optimisme, il est raisonnable et il est dans l’action», ajoute Elsa Floret.
Selon la CCIG, il apparaît fondamental de préserver le partenaire européen. «Un franc sur deux est créé en Suisse avec l’Union européenne» argument Elsa Floret qui rappelle l'importance de maintenir «des partenaires commerciaux fiables» ... en attendant la prochaine annonce du président américain.