Infomaniak veut entrer en bourse pour financer sa croissance
L’entreprise genevoise prépare une entrée en bourse afin de lever plus facilement des capitaux. Pour Grégoire Barbey, cette opération doit permettre à Infomaniak d’accélérer son développement tout en conservant son indépendance.
Infomaniak ambitionne de concurrencer les géants américains du cloud comme Microsoft, Amazon ou Google. L’entreprise se présente comme une alternative européenne et souveraine, avec des centres de données en Suisse et des emplois principalement basés à Genève. Mais pour lutter, elle ambitionne d’entrer en bourse.
Pour Grégoire Barbey, journaliste cyber au Temps, l’entrée en bourse doit surtout permettre à l’entreprise d’accéder plus facilement à des capitaux. Infomaniak compte aujourd’hui plus de 340 collaborateurs, soit deux fois plus qu’il y a quelques années. La société construit également tous les deux à trois ans de nouveaux centres de données pour répondre à la hausse de la demande.
Une fondation pour conserver le contrôle
L’entreprise a toutefois pris des mesures pour limiter l’influence de futurs investisseurs. Une fondation d’utilité publique détient 65% des droits de vote d’Infomaniak et ne peut pas les céder. Ce mécanisme doit notamment empêcher une prise de contrôle hostile.
«Le fondateur Boris Siegenthaler veut conserver la maîtrise de l’entreprise et maintenir les emplois ici», explique Grégoire Barbey. Cette structure pourrait toutefois réduire l’intérêt d’investisseurs cherchant à peser sur les décisions ou à maximiser rapidement leur rendement.
Infomaniak espère aussi poursuivre son développement en Europe, notamment en France. La demande pour des solutions numériques locales progresse dans un contexte géopolitique marqué par les débats sur la souveraineté des données. «Ils ont pas mal de partenariats avec des influenceurs sur YouTube pour essayer de proposer leurs services. Donc ils essayent de s'adresser à un marché de plus en plus européen», ajoute le journaliste
L’entrée en bourse doit se faire par une fusion inversée avec une société déjà cotée. L’opération doit encore être validée par les actionnaires, lors d’une assemblée générale qui pourrait se tenir le 24 septembre.