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À Abidjan, la Suisse attire autant qu'elle intrigue

03.04.2026 12h51 Martin Esposito, Laure Lugon

Léman Bleu a suivi le voyage d’Ignazio Cassis en Afrique. Mais voir ce continent depuis les ministères et ambassades serait passer à côté de l’essentiel. Rencontres dans un marché à Yopougon, en Côte d’Ivoire.

Ce jeudi matin, Ignazio Cassis doit se rendre à l’ambassade de Suisse à Abidjan pour rencontrer des responsables politiques ivoiriens. Une scène que l’on a déjà vue quelques jours plus tôt, à Luanda (Angola) et à Abuja (Nigeria). Alors, pour éviter que nos reportages ne soient répétitifs - d'autant plus qu’il doit rencontrer le lendemain son homologue du Burkina Faso -, nous décidons de traiter un autre angle.

Vingt minutes de route et nous voilà dans un marché de Yopougon, en banlieue de la capitale ivoirienne. Il est 9h et il fait déjà chaud. La circulation est dense sur l’allée principale. Tous les stands sont ouverts et on trouve de tout, même… des montres. Pourtant, chez «Dieu avant tout», on nie vendre des produits suisses. Plus loin, nous demandons aux locaux ce que signifie la Suisse pour eux. «Un pays en paix», glisse une femme. «Les banques, la finance», ajoute un étudiant en costume. «Rolex, le chocolat», s’exclame un vendeur.

«Ici, c’est le foufou qui nous intéresse», nous indique un autre vendeur, avant de commencer un laïus sur sa vision du bonheur à travers le plat: «Si on t’invite à en manger, ta journée est une réussite. C’est notre Suisse à nous.» Chez ses concitoyens, venir est Europe est un objectif clair. Lui, se souvient de ceux qui sont morts lors de la traversée de la Méditerranée. Et relativise: «Ici, il n’y a que la monnaie qui fatigue.»