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Afrique du Sud: menace de destitution relancée du président

08.05.2026 11h56

La justice sud-africaine rouvre la porte à une destitution

Cyril Ramaphosa au cœur de l’affaire Phala Phala: la Cour constitutionnelle sud-africaine a annulé le vote du Parlement qui l’avait blanchi en 2022.

Photo: Keystone/EPA/GCIS / HANDOUT

La Cour constitutionnelle sud-africaine a rouvert vendredi la porte à une procédure de destitution du président Cyril Ramaphosa, en invalidant un vote de 2022 de l'Assemblée qui s'y était opposée.

L'Assemblée, alors dominée par le parti ANC du président, avait rejeté un rapport concluant que Cyril Ramaphosa avait 'pu commettre' des actes contraires à la loi, dans le cadre d'un important vol d'argent liquide caché dans un canapé de sa ferme de Phala Phala (nord-est), où il élève du bétail.

Le Parlement s'était ensuite prononcé contre l'ouverture d'une procédure de destitution à son encontre.

Ce vote de l'Assemblée 'est incompatible avec la Constitution, invalide et annulé', a déclaré la présidente de la Cour constitutionnelle, Mandisa Maya, qui examinait une plainte déposée par le parti de gauche radicale EFF.

Cyril Ramaphosa, aujourd'hui âgé de 73 ans, avait été tout proche de démissionner à l'époque, d'après la presse.

Dans le scandale connu sous le nom de 'Phala Phala', le président avait reconnu un cambriolage mais nié les accusations d'un ancien patron du renseignement affirmant qu'il avait fait enlever les voleurs pour tenter de dissimuler l'affaire. Il a affirmé qu'il avait signalé l'effraction à la police et expliqué que l'argent provenait de la vente de vingt buffles pour 580'000 dollars.

Pas de perspective de condamnation

Le parquet avait abandonné les poursuites pour blanchiment d'argent et corruption dans ce dossier en octobre 2024, estimant qu'il 'n'y avait aucune perspective raisonnable de condamnation'.

Cyril Ramaphosa est un ancien militant du temps de la lutte contre l'apartheid devenu homme d'affaires avant de renouer avec la politique et d'accéder à la présidence en 2018.

Le dirigeant de l'EFF, Julius Malema, s'est dit 'très heureux que la Constitution ait prévalu'. 'C'est à l'ANC de décider s'il souhaite être dirigé par un président sur lequel pèse un tel nuage', a-t-il ajouté, 'un président qui va devoir répondre à des questions très dures et approfondies lors de la procédure de destitution'.

Contrairement à 2022, l'ANC ne dispose plus d'une majorité absolue à l'Assemblée. Avec seulement 40% des sièges depuis les élections de 2024, le parti de Nelson Mandela a été contraint à une alliance de circonstance avec des opposants historiques, comme la formation de centre-droit Alliance démocratique (DA) qui dispose de 21% des voix dans la chambre.

/ATS