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Daniel Warner: «Il ne faut pas penser qu’en deux jours ça sera terminé»

08.04.2026 18h54 Rédaction

Accord trouvé in extremis entre Washington et l’Iran: Donald Trump promettait l’enfer, finalement un cessez-le-feu et la réouverture du détroit d’Ormuz se profilent. L’analyse de Daniel Warner.

Les États-Unis et l'Iran se sont mis d'accord mardi soir pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d'une réouverture du détroit d'Ormuz, un peu plus d'une heure avant l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump qui menaçait de détruire la République islamique. Après plus de cinq semaines de frappes israélo-américaines sur l'Iran, Téhéran a indiqué que des pourparlers se dérouleront à partir de vendredi avec Washington. Ces discussions se dérouleront au Pakistan, médiateur clé dans la guerre au Moyen-Orient.

Pour Daniel Warner, spécialiste des États-Unis, l’issue était prévisible. «Je ne croyais pas que Trump allait bombarder toutes les infrastructures», affirme-t-il. Selon lui, le président des États-Unis a surtout cherché à capter l’attention internationale: «C’est un grand bluffeur, c’est son style.» Il estime que des acteurs extérieurs ont pesé: «Il y a des adultes quelque part qui ont dit: ça suffit.» S’il s’étonne du rôle du Pakistan comme médiateur, Daniel Warner s’étonne de l’absence de la Suisse, pourtant habituée à jouer les intermédiaires entre Washington et Téhéran.

Trump affaibli, mais pas isolé

Sur le plan politique, la situation est plus nuancée. Daniel Warner cite un article du New York Times expliquant que «Netanyahu a amené les États-Unis pour commencer la guerre.» Au sein même de l’administration américaine, les divisions sont visibles.

Donald Trump apparaît fragilisé, avec une mauvaise lecture du terrain iranien. «Il ne connaît pas bien l’Iran, il ne connaît pas bien le volet militaire.» Un changement dans son comportement se fait remarquer, relève-t-il. Le clan MAGA semble touché également à cause de l’inflation, mais il est trop tôt pour tirer des conséquences, avance Daniel Warner.

Une guerre loin d’être terminée

Pour Daniel Warner, toute idée de chute rapide du régime iranien est illusoire. «C’est un pays avec 93 millions de personnes, une excellente armée, il ne faut pas penser qu’en deux jours ça sera terminé.» Le cessez-le-feu reste par ailleurs flou, avec des divergences majeures entre les deux camps.

«Il y a un programme iranien avec 10 points, un programme américain avec 15 points et ce n’est pas du tout les mêmes choses», conclut Daniel Warner. La question du détroit d’Ormuz ou du nucléaire illustre ces désaccords persistants.