Daniel Warner livre son analyse sur l’affaire Epstein
La divulgation de milliers de fichiers en lien avec le délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein éclabousse des personnalités de premier plan du monde entier. Le spécialiste des États-Unis Daniel Warner est notre invité.
L’affaire Epstein continue de provoquer une onde de choc mondiale. En cause: les «Epstein files», une vaste correspondance entre le délinquant sexuel américain, retrouvé mort en 2019 dans sa cellule, et des personnalités influentes à travers le monde. Des documents désormais accessibles au public, après un long bras de fer politique aux États-Unis.
Pourquoi une telle ampleur? Daniel Warner rappelle d’abord qui était Jeffrey Epstein: «Il était charmant, il avait beaucoup d’argent et il aimait faire la fête. Ça attirait les gens.» Des noms prestigieux apparaissent en effet dans les fichiers, comme Larry Summers, ex-président de Harvard, ou Noam Chomsky, professeur au MIT. Des contacts qui interrogent encore aujourd’hui.
Un homme au réseau hors norme
Jeffrey Epstein a été arrêté en 2019 à la suite d’accusations de trafic sexuel et d’organisation de trafic sexuel. À peine un mois plus tard, l’homme d’affaires est retrouvé mort dans sa cellule. Une combinaison explosive qui alimente fantasmes et soupçons, jusqu’aux sphères royales, du prince Andrew au Royaume-Uni à des membres de la famille royale norvégienne.
Pour Daniel Warner, si l’affaire affole la planète, elle dépasse le clivage Démocrates-Républicains aux États-Unis. Bill et Hillary Clinton devront témoigner devant le Congrès prochainement. Quant à Donald Trump, aucun élément criminel ne figure à ce stade dans les fichiers. «Si c’est le cas, on peut se demander si cela va changer le mandat MAGA», glisse le politologue, qui ajoute que le gouvernement américain a cherché à cacher ces fichiers.
L’affaire touche aussi la Suisse. Jeffrey Epstein évoquait Genève comme un lieu pour «rendre visite à son argent». Des liens apparaissent avec la finance, le mannequinat, Zurich ou Verbier. Les fichiers dressent le portrait d’un homme au réseau mondial hors norme, dont l’origine de la fortune demeure floue.
Enfin, la mort de l’homme d’affaires continue d’alimenter les théories du complot. L’absence des gardiens au moment du décès interroge. «Il n’est pas normal que des gardiens fussent absents au moment où il s’est suicidé, car il avait beaucoup de choses à dire», affirme Daniel Warner. Tous les regards se tournent désormais vers sa veuve Ghislaine Maxwell.