Israël - Sévices de soldats sur un Palestinien: inculpation annulée
Des organisations de défense des droits des prisonniers palestiniens accusent régulièrement l'administration israélienne de faire subir des mauvais traitements aux détenus. Ici, un prisonnier palestinien libéré en février 2025, blessé, à son arrivée à l'hôpital de Khan Younès, dans la bande de Gaza
Photo: KEYSTONE/EPA/HAITHAM IMADL'armée israélienne a annoncé jeudi avoir annulé l'inculpation de cinq soldats accusés de mauvais traitements contre un détenu palestinien dans la prison de haute sécurité de Sdé Teiman. Cette affaire qui avait suscité un tollé international.
'A la lumière des développements significatifs survenus depuis le dépôt de l'inculpation dans l'affaire 'Sdé Teiman', le Procureur militaire général a décidé aujourd'hui (jeudi) d'ordonner l'annulation de l'inculpation des cinq accusés dans ce dossier', affirme un communiqué militaire.
En février 2025, l'armée avait annoncé l'inculpation de cinq soldats réservistes pour mauvais traitements d'un détenu palestinien en juillet 2024 dans le centre de détention de Sdé Teiman, proche de la bande de Gaza.
Détenu poignardé
L'armée avait précisé que les soldats étaient accusés d'avoir 'agi contre le détenu avec une grande violence, y compris en poignardant le derrière du détenu avec un objet pointu, qui avait pénétré près du rectum'.
Pour expliquer sa décision d'annuler les inculpations, l'armée a affirmé que 'des difficultés procédurales concernant le transfert d'informations' par la police israélienne 'portaient atteinte au droit des accusés à un procès équitable'.
Autre raison invoquée, le fait que le détenu en question a été renvoyé dans la bande de Gaza dans le cadre d'un échange contre des otages israéliens en novembre 2025 et ne peut donc pas témoigner.
Vidéo des sévices diffusée
L'armée précise que le chef d'état-major a demandé 'de tirer les leçons' de cette affaire qualifiée par le communiqué de 'grave défaillance'.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réagi sur sa chaine Telegram, se réjouissant que cette affaire qui 'avait terni la réputation d'Israël dans le monde de manière inédite' soit 'arrivée à son terme'.
'Il est inacceptable qu'il ait fallu autant de temps pour clore ce dossier, qui a été mené de manière criminelle contre des soldats de Tsahal confrontés aux pires de nos ennemis', a ajouté l'Israélien, lui-même sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la bande de Gaza.
Ce dossier a impliqué la procureure générale militaire, qui a démissionné après la fuite d'une vidéo de l'incident à Sdé Teimann. Dans sa lettre de démission publiée en novembre 2025 par la presse, l'ex-magistrate militaire, qui porte le grade de générale, a reconnu que ses services avaient diffusé la vidéo aux médias.
Le centre de Sdé Teiman a été aménagé dans une base militaire pour y incarcérer des Palestiniens arrêtés notamment dans la bande de Gaza après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien, dernier épisode du très long conflit israélo-palestinien.
Problème chronique
Des organisations de défense des droits des prisonniers palestiniens accusent régulièrement l'administration pénitentiaire israélienne de faire subir des mauvais traitements aux détenus.
/ATS