L'appel à l'ONU à Genève de la mère d'une victime gazaouie de 5 ans
La jeune Hind Rajab est décédée sans avoir pu être rejointe par les secouristes du Croissant-Rouge palestinien (PCRS) (archives).
Photo: KEYSTONE/AP'Je veux que son nom soit associé à la justice'. Lundi soir, la mère de la fillette de 5 ans Hind Rajab, tuée en 2024 dans la bande de Gaza et au centre d'un film en course aux Oscars, est venu lancer un appel à établir les responsabilités aux Etats à l'ONU à Genève.
'Son nom est Hind', a affirmé Wessam Hamada devant plusieurs ambassadeurs, dont le président du Conseil des droits de l'homme Sidharto Reza Suryodipuro. 'Elle n'était pas une cause, elle n'était pas une combattante. Elle était une petite fille', a-t-elle ajouté après la projection de 'La Voix de Hind Rajab' en marge de la session de l'organe onusien.
Devant des diplomates qui n'ont parfois pas pu retenir leurs larmes, la mère de famille, qui ne veut pas être considérée comme une militante politique, a souhaité que ces personnes aillent au-delà de la simple empathie. 'Si vous ne ressortez de cette salle qu'avec des émotions, j'aurai échoué', a-t-elle insisté, appelant à des décisions et à une investigation indépendante.
'Combien de mères' devront encore parler pour que la communauté internationale s'active ?, a-t-elle demandé. Et d'ajouter que le film ne relaie pas seulement la voix de sa fille mais celle des quelque 20'000 enfants tués dans la bande de Gaza.
Fin janvier 2024, la jeune fille était blessée par des tirs israéliens sur le véhicule dans lequel elle quittait avec une partie de sa famille une zone à évacuer dans le nord de la bande de Gaza. Elle s'est alors retrouvée pendant plusieurs heures au téléphone avec les responsables du centre d'appel d'urgence du Croissant-Rouge palestinien (PRCS) en Cisjordanie, les implorant de venir la chercher.
Plusieurs centaines d'impacts de tirs
Entourée des cadavres de son oncle, sa tante et quatre de ses cousins, elle a attendu l'arrivée d'une ambulance sous les tirs de tanks. Au bout de plusieurs heures pour obtenir le feu vert de l'armée israélienne, les sauveteurs du PCRS étaient sur le point de la récupérer. Mais ils ont été à leur tour ciblés et ont été tués.
La jeune fille est ensuite décédée et il faudra 12 jours pour que sa situation et celle de ses proches soit clarifiée. 'La Voix de Hind Rajab' rassemble des acteurs qui interprètent les responsables du PCRS en Cisjordanie en dialogue avec l'enregistrement authentique de la jeune Gazaouie. Il sera en lice dans une dizaine de jours aux Oscars pour le meilleur film étranger.
Plus de 350 impacts avaient été retrouvés sur le véhicule dans lequel Hind Rajab se trouvait. Israël avait lui affirmé examiner les circonstances de cette situation.
/ATS