Le Nobel de physique décerné au Belge Francis Halzen
Le prix Nobel de physique a été décerné au scientifique belge Francis Halzen pour sa contribution à la détection et l'observation de neutrinos (image d'illustration).
Photo: KEYSTONE/AP/Jacquelyn MartinLe prix Nobel de physique 2026 a été décerné mardi au Belge Francis Halzen. Le physicien est récompensé pour ses recherches sur les neutrinos, ont annoncé mardi le comité Nobel de physique et l'Académie royale des sciences de Suède.
Né en 1944 à Tirlemont, le physicien belge, professeur à l'Université du Winsconsin-Madison, a notamment apporté une contribution décisive au projet IceCube. Il s'agit d'un observatoire de neutrinos enfoui dans les glaces de l'Antarctique. L'instrument est capable de détecter des neutrinos de très haute énergie.
'C'est une grande surprise, je ne m'y attendais certainement pas', a réagi le lauréat de 82 ans, joint par téléphone par la Fondation Nobel.
Le neutrino 'est la particule la plus discrète de l'Univers', explique le comité Nobel, et traverse 'la matière sans se faire remarquer.'
Comme un télescope
'Dans les années 1980, Francis Halzen avait compris que la glace de l'Antarctique pouvait être idéale pour capturer suffisamment de ces neutrinos insaisissables, afin que les chercheurs puissent en apprendre davantage sur leurs origines lointaines', souligne-t-il.
Professeure à l'Université de Genève (UNIGE), Teresa Montaruli n'a pas caché sa joie en apprenant que le Nobel de physique avait été décerné à Francis Halzen qu'elle connaît depuis de très nombreuses années et avec qui elle a travaillé. 'Je suis tellement heureuse', a-t-elle indiqué à l'agence Keystone-ATS.
IceCube est un détecteur de neutrinos qui permet d'observer ces particules d'une très faible masse grâce aux traces de lumière que celles-ci laissent dans la glace. Comme les neutrinos n'interagissent pratiquement pas avec leur environnement, 'on peut voir des neutrinos venant 'de très loin', note Teresa Montaruli.
Une nouvelle vision
Les neutrinos 'ouvrent une fenêtre complètement nouvelle' dans le domaine de l'astrophysique des hautes énergies. L'approche est bien différente de celle qui se fonde sur l'étude des photons, car elle permet 'd'observer dans la profondeur des sources', souligne la physicienne italienne.
IceCube est conçu pour détecter les neutrinos de haute énergie d'origine cosmique. Il s'agit, par exemple, de flux émis par des trous noirs supermassifs. Alors que les photons de grande énergie interagissent lors de leur voyage dans le cosmos, les neutrinos ne sont presque pas perturbés et arrivent quasi intacts sur la Terre.
On parle ici d'énergie pour atteindre jusqu'aux 1000 TeV (téraélectronvolts). En comparaison, le grand collisionneur de hadrons (LHC), le plus puissant accélérateur de particules du monde, qui se trouve au CERN, est capable de créer des événements de 14 TeV, rappelle Mme Montaruli.
Un prix prestigieux
En plus d'être l'une des récompenses les plus prestigieuses de la planète, le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d'un million d'euros.
L'an dernier, il avait été décerné à un trio britanno-franco-américain pour la découverte à l'échelle macroscopique de 'l'effet tunnel' en mécanique quantique, une science qui décrit le monde de l'infiniment petit.
Ce prix compte Albert Einstein ou Marie Curie parmi ses lauréats les plus célèbres.
/ATS