Le ministre iranien à Genève pas prêt «à se soumettre» à Washington
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a prévu de multiplier les rencontres à Genève avant les pourparlers de mardi avec Washington (archives).
Photo: KEYSTONE/AP/Khalil HamraLe ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, arrivé à Genève pour les pourparlers de mardi avec Washington, n'est pas 'prêt à se soumettre'. Il a dit lundi avoir 'de vraies idées pour atteindre un accord juste et équitable'.
Sur les réseaux sociaux, il avait annoncé qu'il rencontrerait lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi et le chef de la diplomatie omanaise. Il ne dit rien en revanche d'une discussion avec le conseiller fédéral Ignazio Cassis, mentionnée par son ministère et la télévision d'Etat iranienne.
M. Grossi, candidat au poste de secrétaire général de l'ONU après Antonio Guterres, a publié dans la matinée une photo en compagnie du chef de la diplomatie iranienne. Il a parlé de 'discussions techniques détaillées' avant la rencontre de mardi.
M. Araghchi est accompagné d'experts du nucléaire iranien, alors qu'il participera à la seconde série de pourparlers indirects avec les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner. Une première session de négociation avait eu lieu le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, plusieurs mois après l'échec de précédentes discussions.
Uranium et sanctions américaines
Le porte-parole de diplomatie iranienne Esmaeil Baqaei a affirmé à l'agence de presse officielle IRNA que la position américaine était devenue 'plus réaliste'. Il estime qu'il n'y a aucun avantage à 'prolonger les négociations', souhaitant un accord rapide.
Dimanche, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a expliqué que Téhéran était prêt à un compromis sur son stock d'uranium hautement enrichi. A condition que Washington lève les sanctions contre l'économie iranienne.
Donald Trump souhaite aborder de nombreuses questions, notamment la situation politique interne de l'Iran après la récente répression qui a fait au moins des milliers de victimes. Il avait menacé la République islamique de frappes, quelques mois après celles qui avaient fragilisé le dispositif nucléaire iranien, en cas d'exécution de détenus.
Autre sujet de discorde, Washington souhaite un engagement de Téhéran sur les groupes armés qu'il soutient dans la région, notamment le Hezbollah au Liban. Et que l'Iran limite ses missiles balistiques.
Démantèlement exigé
Mais les Iraniens ont averti qu'ils ne discuteraient que de nucléaire à Genève. Israël exige que le stock d'uranium enrichi quitte l'Iran. Plusieurs pays, dont la Russie, ont proposé d'accueillir celui-ci.
'La seconde condition est qu'il ne doit y avoir aucune capacité d'enrichissement', a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. 'il ne s'agit pas simplement d'arrêter le processus d'enrichissement, mais de démanteler les équipements et les infrastructures qui permettent d'enrichir l'uranium', dit-il.
Avant les frappes israélo-américaines sur ses sites nucléaires en juin 2025, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%. Bien plus que la limite autorisée par l'accord nucléaire conclu il y a une dizaine d'années avec les grandes puissances, dénoncé ensuite par Donald Trump.
/ATS