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Léon XIV arrive à Notre-Dame, première visite papale depuis 2024

25.09.2026 17h12

Léon XIV à Notre-Dame et au Stade de France: foule enthousiaste

Léon XIV a déambulé à bord de sa papamobile dans les rues de Paris en effervescence jusqu'à Notre-Dame.

Photo: KEYSTONE/AP/Aurelien Morissard

Après la liesse dans les rues parisiennes et la ferveur à Notre-Dame, le pape Léon XIV conclut vendredi soir par une veillée avec les jeunes au Stade de France une première journée marathon de visite en France, marquée par ses propos affirmés sur les sujets sociétaux.

Le pape est arrivé telle une rock star dans l'enceinte sportive, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) au nord de Paris, en papamobile et au milieu d'une foule survoltée de près de 80'000 personnes.

La veillée de prière a mêlé concert de pop-louange, échanges entre les jeunes et Léon XIV et exposition de la 'sainte tunique du Christ', relique conservée à Argenteuil (Val-d'Oise).

Vendredi, le souverain pontife a enchaîné les séquences - officielles, populaires, pastorales - pour une journée intense. La première d'une visite qui mènera le pape, qui n'a pas manqué de rappeler ses 'origines familiales normandes et béarnaises', à Lourdes à partir de samedi soir puis Metz lundi.

Debout dans sa papamobile lors d'une déambulation sous le soleil parisien, Léon XIV a pu mesurer l'attente que sa première visite en France peut susciter. 'Regarde c'est le pape, c'est dingue!', a-t-on entendu dans une foule qui a compté 300'000 personnes, selon le Vatican, au long des 2,5 km du parcours jusqu'à Notre-Dame.

Après avoir fait les derniers mètres à pied, Léon XIV est devenu le premier pape à entrer dans la cathédrale parisienne depuis sa réouverture en décembre 2024, après l'incendie qui l'avait ravagée en 2019. Son prédécesseur François avait décliné l'invitation pour la réouverture.

'C'est très émouvant'

Il y a célébré les vêpres pour un public d'ecclésiastiques, diacres et séminaristes. 'C'est très émouvant, après les vicissitudes qu'a connues la cathédrale', a dit à l'AFP le père Jocelyn Petitfils, curé à Bondy (Seine-Saint-Denis).

Lors de sa déambulation, dans des rues pavoisées de jaune et de blanc, les couleurs du Vatican, les téléphones étaient de sortie pour ne pas manquer le passage de la papamobile. 'On l'a très bien vu même s'il est passé très vite', a réagi Léa Revel, une infirmière de 25 ans.

Non loin du jardin du Luxembourg, Léon XIV a notamment adressé un long salut à la communauté péruvienne, qui avait décoré les barrières de drapeaux et répété des chants pour attirer l'attention de celui qui fut autrefois évêque dans le diocèse péruvien de Chiclayo, et qui possède depuis la nationalité péruvienne en plus de l'américaine.

Avant ce bain de foule, la première matinée du souverain pontife - pour qui les cloches des églises de France ont sonné sept minutes à son arrivée - a été marquée par des prises de paroles offensives lors des séquences officielles.

A l'Elysée, accueilli par le couple Macron, Léon XIV a évoqué sans détour la laïcité, les dangers de l'intelligence artificielle et la fin de vie.

Sécurité draconienne

Le pape a notamment dénoncé les 'manipulations génétiques', la 'gestation pour autrui', l''achat d'organes' et 'l'offre d'une mort programmée', qu'il a présentés comme des 'dérives' risquant 'de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives'.

Le Parlement français a adopté il y a deux mois une loi créant un droit à l''aide à mourir', fortement combattue par l'Eglise.

'La juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l'espace public', a-t-il également déclaré, en français, dans la salle des fêtes de l'Elysée bondée, où il a été longuement applaudi.

A l'Unesco, Léon XIV a exhorté la communauté internationale à protéger 'les enfants et les jeunes' face aux nouvelles technologies numériques et à l'intelligence artificielle, dont l'essor 'doit soutenir leur développement, leur éducation' et préserver 'leur liberté de penser et de discerner'.

Cette visite en France mobilise une sécurité draconienne, avec des chiffres éloquents: 17'000 bénévoles, 15'000 policiers et gendarmes, 2500 journalistes accrédités et un budget de 27 millions d'euros.

Samedi sera marqué par la grand-messe organisée sur les Champs-Elysées où 600'000 personnes sont attendues.

/ATS