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«Les États-Unis sont dans une spirale qui mène droit au fascisme»

26.01.2026 19h46 Rédaction

charles adams

Pour la Journée internationale de l’avocat en danger, célébrée chaque 24 janvier, Me Charles Adams dresse un constat alarmant. L’avocat dénonce des pressions politiques inédites contre la profession juridique américaine et perçoit un pays en dérive vers le fascisme.

«Tragiquement, les États-Unis sont dans une spirale qui mène droit vers un gouvernement fasciste qui s’instaure.» Le ton est grave, Me Charles Adams n’y va pas par quatre chemins. Cette année, la Journée de l’avocat en danger a braqué ses projecteurs sur les États-Unis, après la Biélorussie ou l'Iran... «L’administration actuelle a fait en sorte que des avocats et des avocates soient mis en péril, empêchés de remplir leurs fonctions, et punis selon l’identité des causes ou des clients qu’ils défendent», synthétise l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Finlande, sous l'administration Obama.

L’avocat évoque des ingérences directes du pouvoir politique et cite le cas du cabinet new-yorkais Paul Weiss, sous menance de condamnation en raison du recrutement de Marc Pomerantz, ancien procureur impliqué dans l’enquête sur l’assaut du Capitole.

Pour l’ancien diplomate, la situation est appelée à empirer. «Il ne s’arrêtera pour rien». Il évoque des scènes récentes de violences, notamment à Minneapolis. «Ça tourne au délire ubuesque» plaide-t-il, dénonçant aussi le harcèlement d’un avocat défendant la veuve de Renée Goud, assassinée en pleine rue.

«Aujourd’hui, on vit ce que vivait en 1933 l’Allemagne [...] Chez nous, c’est la Gestapo masquée.» – Me Charles Adams

Pour Me Charles Adams, c’est clair, les Etats-Unis n’ont jamais vécu la situation actuelle: «Aujourd’hui, on vit ce que vivait en 1933 l’Allemagne [...] Chez nous, c’est la Gestapo masquée», affirme l’ancien ambassadeur.

S’il reconnaît une prise de conscience portée par certaines figures politiques comme Barack Obama ou Bill Clinton, il estime cela insuffisant. «Il faut que les gens crient haut et fort et se fassent entendre», insiste-t-il avant de conclure: «C’est bien volontiers que je déclare ma condamnation absolue de ce régime par rapport à la profession qui est la mienne.»