Norvège: 4 ans de prison pour le fils de la princesse héritière
Le fils de la princesse héritière de Norvège, Marius Borg Høiby, a été reconnu coupable lundi de deux des quatre viols dont il était accusé et condamné à une peine de quatre ans de prison ferme. (archives)
Photo: KEYSTONE/AP NTB Scanpix/LISE ASERUDLe fils de la princesse héritière de Norvège, Marius Borg Høiby, a été reconnu coupable lundi de deux viols et de 32 autres chefs d'accusation pour lesquels il a été condamné à une peine de quatre ans de prison ferme.
Outre deux viols, dont l'un commis au domicile du couple princier, la peine prononcée par le tribunal d'Oslo porte notamment sur des violences répétées contre une ancienne compagne, des menaces, des atteintes à l'intégrité physique et une infraction à la loi sur les stupéfiants.
En fin de journée, le tribunal a aussi rejeté une nouvelle demande de mise en liberté de cet homme de 29 ans, en détention provisoire depuis début février, formulée ses avocats pour qu'il puisse être auprès de sa mère, la princesse Mette-Marit, gravement malade.
Dans cette affaire retentissante qui a écorné l'image de la monarchie, Høiby, né d'une relation antérieure au mariage de Mette-Marit avec le prince héritier Haakon en 2001, devait au total répondre de 40 chefs d'accusation. Il a été acquitté pour deux autres viols présumés.
Ce grand blond tatoué, qui n'a ni fonction officielle ni profession fixe, contestait les accusations les plus graves. Ses avocats ont annoncé qu'ils allaient faire appel.
Pour des raisons de santé non précisées, Høiby, en détention provisoire depuis début février, n'était pas présent à la lecture du verdict qu'il a suivie, par lien vidéo, depuis sa prison. Sur le banc des parties civiles, une des victimes de viol a fondu en larmes quand le juge a déclaré Høiby coupable.
Le parquet avait requis sept ans et sept mois de prison. La peine prononcée est 'longue et sévère, proportionnée à la gravité des infractions', a réagi le procureur Sturla Henriksbø auprès de l'AFP.
'Je pense que ce verdict est une victoire pour notre système judiciaire, qu'il montre que personne n'est au-dessus de la loi, peu importe qui vous êtes et à quelle famille vous appartenez', a-t-il dit.
Vie pleine d'excès
Le procès, qui s'est tenu du 3 février au 19 mars, a exposé au grand jour la vie pleine d'excès du jeune homme, propulsé dans la sphère publique dès l'âge de trois ans par la romance entre Mette-Marit et Haakon.
'Je suis surtout connu comme le fils de ma mère, pas comme autre chose. J'ai donc eu un besoin de reconnaissance extrêmement élevé toute ma vie', a-t-il déclaré au deuxième jour du procès.
'Et ça s'est traduit par beaucoup de sexe, beaucoup de drogues et beaucoup d'alcool', a-t-il ajouté.
Les viols dont il était accusé ont, selon l'accusation, été commis entre 2018 et 2024 après des soirées festives au cours desquelles Høiby avait consommé alcool et stupéfiants.
A chaque fois, des relations sexuelles consenties auraient été suivies d'autres actes, illégaux ceux-là, les jeunes femmes semblant alors endormies.
Le débat judiciaire a notamment porté sur l'état de conscience des victimes présumées et sur ce que Høiby pouvait percevoir au moment des faits.
'Régime de terreur'
L'affaire éclate le 4 août 2024 quand Høiby est arrêté, soupçonné d'avoir agressé sa compagne la nuit précédente dans les beaux quartiers d'Oslo.
Une autre femme, l'influenceuse Nora Haukland, affirme ensuite avoir elle aussi subi des violences physiques et psychologiques - un 'régime de terreur', dira l'accusation. Au procès, Høiby reconnaîtra que la jalousie peut lui faire perdre la tête.
C'est en analysant ses téléphones et ordinateurs que les enquêteurs ont retrouvé des vidéos documentant ce qu'ils considèrent comme des viols.
Si Høiby ne fait pas formellement partie de la Maison royale, l'affaire a plongé la monarchie norvégienne dans l'embarras et contribué à affaiblir le soutien de l'opinion publique, qui demeure toutefois relativement élevé.
Elle s'ajoute à d'autres scandales, notamment aux récentes révélations sur une correspondance soutenue entre Mette-Marit et le criminel sexuel Jeffrey Epstein entre 2011 et 2014, alors que le financier américain avait déjà été condamné pour sollicitation de prostitution auprès d'une mineure.
Atteinte d'une maladie pulmonaire incurable, la princesse de 52 ans a vu son état de santé se dégrader nettement ces derniers mois, au point que les médecins l'ont placée sur une liste d'attente pour une délicate transplantation.
/ATS