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Pour le CICR, la Suisse doit faire preuve de clarté

29.03.2026 07h25

Pour le CICR, la Suisse doit faire preuve de clarté

Mirjana Spoljaric veut que la Suisse affiche davantage de clarté (archives).

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

La présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric, demande à la Suisse de s'engager sans réserve en faveur du droit international. Elle déclare que c'est, pour le pays, le moyen le plus efficace de protéger la sécurité de sa propre population.

'Il ne suffit pas de se débrouiller tant bien que mal dans le monde d'aujourd'hui', a déclaré Mme Spoljaric dans une interview accordée à la SonntagsZeitung. Le monde se trouve à un tournant. C'est pourquoi la clarté est nécessaire.

La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a également exigé cette clarté de la part de la Suisse. 'La Suisse est une économie ouverte dotée d’un État de droit fort et jouit pour cela du respect', a-t-elle déclaré. La Suissesse espère que le pays continuera à s’engager 'sans détour en faveur du droit international'.

Mme Spoljaric a exigé que les chefs d’État et de gouvernement appliquent aux autres les principes qu’ils défendent dans leur propre pays. 'La double morale et les deux poids deux mesures nuisent à la sécurité de chacun', a-t-elle déclaré. Une violation du droit est une violation du droit, peu importe qui en est l'auteur. 'Une vie humaine a la même valeur partout, un enfant doit être protégé partout', a déclaré la présidente du CICR. Ce principe fondamental, qui est également inscrit dans la Constitution suisse, doit être mis en pratique.

Les éventuels crimes de guerre sous enquête

Peu après le début de la guerre en Iran, le 28 février, le CICR a appelé au respect des règles de la guerre. À la question posée par la SonntagsZeitung de savoir si des crimes de guerre avaient été commis lors de l’attaque contre l’Iran, Mme Spoljaric a répondu de manière diplomatique: 'C’est dans le cadre d’entretiens confidentiels avec les parties – menés par des experts militaires et des juristes – que nous déterminons si un crime de guerre a été commis dans un cas concret.' La présidente du CICR ne s’exprime pas publiquement à ce sujet.

Le fait est, selon Mme Spoljaric, qu’il y a des déplacements de population et des attaques contre des hôpitaux et des écoles. 'Il est clair que des principes fondamentaux tels que la protection des enfants, des femmes et des réfugiés sont bafoués dans le conflit actuel au Proche-Orient', a déclaré la présidente du CICR. L’organisation, dont le siège est à Genève, se consacre à l’aide humanitaire pour la protection des vies humaines.

Après quatre semaines de guerre, les frappes de missiles, la destruction et une grande insécurité marquent le quotidien en Iran, au Liban, en Israël et dans plusieurs pays du Golfe. Les États-Unis ont récemment laissé entrevoir des chances d'accord avec l'Iran. Selon Mme Spoljaric, la paix n'est toutefois pas pour demain. 'La conduite actuelle de la guerre détruit le cadre des négociations', a-t-elle déclaré à la SonntagsZeitung. Chaque jour de guerre supplémentaire rend plus difficile la fin du conflit.

/ATS