Près de 4 millions de déplacés sont rentrés chez eux au Soudan
Des millions de Soudanais restent déplacés et les femmes sont largement exposées aux violences sexuelles dans le conflit dans ce pays (archives).
Photo: KEYSTONE/AP/MARWAN ALIPrès de quatre millions de déplacés par la guerre au Soudan ont commencé à rentrer chez eux, selon l'ONU. Après trois ans de conflit, le besoin de soutien aux femmes exposées aux violences de genre a explosé.
'Les déplacements massifs se poursuivent dans des parties du Darfour, du Kordofan et du Nil bleu', a affirmé mardi à la presse à Genève une responsable de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Au total, près de 9 millions de personnes ont fui leurs habitations et quatre millions sont réfugiées dans des pays de la région.
Dans le même temps, plusieurs millions de Soudanais sont rentrés chez eux 'Ces retours sont rarement simples', ajoute la responsable de l'OIM. Ces personnes considèrent que la sécurité s'est améliorée et font face à des pressions économiques et des prestations limitées dans les camps de déplacés. Mais elles trouvent des infrastructures détruites ou endommagées et manquent d'accès aux soins.
De son côté, ONU Femmes a fait remarquer que le nombre de Soudanaises qui ont besoin de soutien pour des violences à caractère sexiste a presque doublé depuis deux ans. Et il a quadruplé depuis le début du conflit.
Deux tiers des femmes qui sont en première ligne au Darfour et au Kordofan pour donner une assistance affirment que les violences sexuelles ont augmenté largement l'année dernière. La moitié parle d'une détérioration supplémentaire en 2026. 'C'est une guerre contre elles', a insisté une responsable de l'agence onusienne.
Centaines de victimes de drones
La Mission internationale d'établissement des faits sur le Soudan avait considéré il y a quelques mois que les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) avaient mené 'une campagne génocidaire' au moment de reprendre la ville d'El-Facher en octobre dernier après 18 mois de siège. L'ONU parlait elle d'actes équivalant à des crimes contre l'humanité et à des crimes de guerre.
'C'est une pandémie d'impunité', a estimé un responsable de l'OIM depuis la région. Depuis le début de l'année, les atrocités ont également été observées au Kordofan. En quelques semaines, les attaques par drones ont fait près de 200 victimes supplémentaires dans le pays pour s'approcher des 700 depuis le début de l'année, a affirmé mardi l'ONU.
Depuis le début du conflit, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées. Le nombre de victimes civiles avait été multiplié par trois l'année dernière, selon l'ONU.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu résoudre plus d'un millier de cas de personnes portées disparues depuis le début de la guerre. Un nombre similaire de nouvelles demandes ont été relayées auprès de l'institution l'année dernière, affirme-t-elle dans un rapport.
/ATS