Rebeca Grynspan: «Je suis la fille de la paix»
Candidate à la succession d’Antonio Guterres au poste de Secrétaire générale de l’ONU, Rebeca Grynspan nous a accordé un entretien. L’ancienne vice-présidente du Costa Rica souligne l'importance de Genève pour les Nations Unies.
«Je pense que les conflits s'intensifient dans le monde entier. Nous sommes au plus fort des conflits depuis 1945», affirme Rebeca Grynspan. Pourquoi se porter candidate au poste de Secrétaire général? «La confiance envers l'ONU s'effrite. Et parce que le temps presse. Et je crois aux principes de l'ONU».
Rebeca Grynspan insiste aussi sur son parcours personnel: «Je suis la fille de la paix. Mes parents étaient des réfugiés de la Seconde Guerre mondiale. Je sais ce que la guerre t'enlève, et je sais ce que la paix rend possible.»
Ramener l'ONU au centre
Face aux critiques visant les Nations Unies, notamment un Conseil de sécurité souvent bloqué sur les grands conflits, la candidate estime que le rôle du secrétaire général reste essentiel. Selon elle, le poste doit retrouver une fonction active de médiation: «Il s'agit de prendre le téléphone et de contacter les membres permanents de l'ONU, d'entrer en contact avec les parties au conflit, de se rendre sur place.» Elle explique vouloir devenir Secrétaire général µpour ramener l'ONU à la table des négociations».
Rebeca Grynspan reconnaît les difficultés internes des Nations unies: «L'ONU traverse une crise de confiance et une crise financière et une crise opérationnelle». Pour elle, l’ONU doit écouter davantage les critiques.
La candidate appelle aussi à moderniser l’institution et à renforcer les partenariats avec les organisations régionales, la société civile et le secteur privé. «Réformons-nous, concentrons-nous, préservons l'équilibre entre les trois piliers de l'ONU, la paix et la sécurité, le développement et les droits de l'homme.»
Genève, «un écosystème unique»
Installée à Genève depuis plusieurs années, Rebeca Grynspan a également salué le rôle de la Genève internationale. «Genève est véritablement un écosystème unique en son genre.» Elle met en avant les synergies entre les organisations internationales présentes dans la ville. Selon elle, Genève reste un lieu d'implantation «idéal» pour l'ONU.
Interrogée sur sa capacité à dialoguer avec des dirigeants comme Donald Trump, Xi Jinping ou Vladimir Poutine, Rebeca Grynspan assure avoir l’expérience nécessaire. «Il faut s'impliquer. Il faut convaincre. Il faut apporter quelque chose à la table.»
L'élection du nouveau Secrétaire général de l'ONU aura lieu fin 2026, le mandat d'António Guterres s'achevant le 31 décembre 2026. Le nouveau titulaire prendra ses fonctions le 1er janvier 2027.