Aurélien Alexander, l’homme de l’ombre qui vise la lumière avec Bernex
Aurélien Alexander a mené Bernex Basket à la 2e place du championnat de LNB avec une idée forte : le collectif avant tout. Ancien joueur du club, il construit aujourd’hui son équipe comme il la pense, soudée et tournée vers un objectif commun : aller chercher le titre en playoffs.
À la salle omnisport de Vailly, le ton est donné dès les premières minutes. Les consignes fusent, les ballons résonnent. Au milieu du parquet, une silhouette dirige la séance avec calme et précision. Ici, Aurélien Alexander est chez lui.
Formé au club, l’entraîneur genevois a fait ses armes au plus haut niveau avec dix saisons en LNA avant de revenir à Bernex. D’abord assistant, il a pris cette saison les rênes de l’équipe première. Un retour aux sources chargé de sens :
« Bernex Basket, c’est le club qui m’a formé… c’est des gens qui sont encore là aujourd’hui qui m’ont construit. »
Sur le banc, Alexander impose une exigence à la hauteur de son investissement. Jusqu’à huit heures d’analyse vidéo par match pour décortiquer les systèmes adverses et préparer ses joueurs dans les moindres détails.
« Je veux leur donner un maximum d’informations… mais les efforts, ce sont les joueurs qui les font. Alors moi aussi, je dois le faire. »
Une rigueur qui paie. Bernex Basket a terminé à une solide deuxième place du championnat de Ligue Nationale B et aborde désormais les demi-finales avec ambition. Mais pour le coach, la réussite dépasse largement le cadre du jeu :
« Les joueurs en premier… c’est l’équipe qui avance. »
Un état d’esprit confirmé par le vestiaire.
« On a un groupe qui s’entend bien, et il a cette capacité à gérer les individualités et à utiliser chacun de la meilleure manière possible. »
Car au-delà des systèmes, Aurélien Alexander revendique une philosophie claire :
« Ce qui m’intéresse le plus dans le sport collectif, c’est les relations humaines… former un groupe, souder une équipe. »
Un succès qu’il refuse de s’approprier seul, fidèle à une culture héritée notamment du titre remporté en 2011 avec Bernex, lorsqu’il était encore joueur.
« Aurélien n’aime pas se mettre en avant, il parle toujours de l’équipe… c’est quelque chose qu’il retransmet aujourd’hui comme coach. »
Sur le banc, il tente désormais d’écrire une nouvelle page de l’histoire du club. Avec, en toile de fond, ce souvenir qu’il transmet à ses joueurs :
« Je leur parle beaucoup de l’ambiance de 2011… parce que c’est ça le plus important. Plus que le basket. Le basket, ce n’est qu’un jeu. »
Discret, humble, mais déterminé. Père de quatre enfants — dont deux suivent déjà ses traces — Aurélien Alexander avance loin des projecteurs. Avec un rêve en tête : vivre pleinement du basket comme entraîneur.
À Vailly, il ne cherche pas la lumière. Mais dans l’ombre, il pourrait bien réussir un exploit rare : devenir champion avec Bernex, joueur puis entraîneur.