Sport

Des attentes largement dépassées pour la délégation suisse

22.02.2026 14h49

Des attentes largement dépassées pour la délégation suisse

Ralph Stöckli avait forcément le sourire à l'heure de tirer le bilan suisse

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Une moisson inédite, un ski alpin masculin au sommet, une organisation perfectible: le chef de mission helvétique Ralph Stöckli a dressé un bilan très positif des JO de Milan-Cortina.

Sportivement, ces deux semaines de compétition furent un rêve pour les dirigeants helvétiques. Avec 23 médailles, l’ancien record de 15 podiums (atteint à trois reprises en 1988, 2018 et 2022) a été pulvérisé. En 1988 à Calgary, la Suisse avait décroché 15 médailles (5 en or/5 en argent/5 en bronze) avec 46 titres attribués. En Italie, la moisson fut de 23 médailles (6/9/8) sur 116 épreuves. Une très belle performance malgré l'augmentation des épreuves.

Le chef de mission avait volontairement renoncé à annoncer un objectif chiffré en matière de médailles, mais il avait pris comme référence les derniers Jeux en Corée et en Chine. 'Les attentes ont été dépassées, glisse-t-il avec le sourire. Nos athlètes ont réussi à produire leur meilleure performance le jour J.'

Bormio, enclave suisse

Avec huit médailles et quatre titres sur cinq en ski masculin (plus deux en ski alpinisme), Bormio est devenue l'espace de deux semaines une enclave helvétique. Ralph Stöckli est logiquement conscient que le pays dépend beaucoup des stars que sont Franjo von Allmen, Loïc Meillard et Marco Odermatt, repartis chacun avec trois médailles. 'Mais pour un petit pays comme le nôtre, c’est normal', juge l'ancien curleur.

Il souligne qu’il y a quatre ans, les 15 médailles avaient été remportées dans trois sports différents (ski alpin, ski freestyle et skicross), alors qu'en Italie elles ont été réparties dans neuf disciplines (ski alpin, skicross, ski freestyle, ski alpinisme, ski de fond, saut à ski, bob, curling et aerials).

'La promotion du sport fonctionne en Suisse, appuie Stöckli. Mais nous avons des défis particuliers dans les sports d’hiver et devons mettre l’accent sur des offres simples d’accès, afin d’amener les gens vers le sport.' Grâce à leurs performances, les athlètes ont 'certainement inspiré beaucoup de monde'. Il n'y a pas meilleure publicité.

S'inspirer pour 2038?

Stöckli a particulièrement apprécié la journée du 18 février au Val di Fiemme, lorsque les fondeuses Nadine Fähndrich et Nadja Kälin ont décroché l’argent en sprint par équipe alors que chez les messieurs Valerio Grond et Janik Riebli ont manqué de peu le podium en terminant quatrièmes. 'Cela démontre à quel point joie et peine sont proches dans le sport', philosophe-t-il. Parmi les autres moments difficiles, il évoque les blessures de Mathilde Gremaud, du snowboarder Jan Scherrer ou encore de Kevin Fiala.

Stöckli dresse également un bilan organisationnel de ces premiers Jeux décentralisés. Il félicite et remercie les organisateurs italiens. 'Le concept était audacieux et représentait un grand défi, mais nous avons vu qu’il peut fonctionner', estime-t-il en pensant certainement à 2038 et aux possibles JO en Suisse. Restent que les critiques de certains athlètes concernant le manque d'esprit olympique ont été entendues et confirmées par le chef de mission.

'A beaucoup d’endroits, l’ambiance était formidable, mais à d’autres, avec une seule discipline, un peu moins', conclut le Saint-Gallois. Il serait donc préférable d’organiser les célébrations de médailles devant les fans au centre des villes plutôt que directement après la compétition dans des stades impersonnels.

/ATS