Sport

Le défi fou de courir pendant 24h

15.06.2026 15h44 Pierre Pillet

Run24

Pour sa toute première édition, la Run24 a réuni plusieurs centaines de participants venus relever un défi aussi exigeant qu'original : courir jour et nuit sur une boucle d'environ sept kilomètres, en solo ou en relais.

À midi, lorsque le départ est donné, l'excitation est palpable. Certains visent la performance, d'autres sont avant tout là pour partager un moment entre amis. «On est en relais de quatre et je pense que ça va bien se passer. Ça va être dur ce soir, mais on va faire ça avec le plaisir», sourit une participante. «On n'a pas de prise de tête, on donne ce qu'on a. Si on est fatigué, on ralentit, mais sinon on est là pour kiffer.»

Très vite, les équipes s'organisent. Qui court ? Qui récupère ? Qui prendra le relais au cœur de la nuit ? Sur une épreuve aussi longue, la stratégie compte presque autant que les jambes. Certains découvrent rapidement les pièges de l'exercice. «Je crois que je suis allé trop vite. Il faudra ralentir pour les prochains tours si on veut tenir jusqu'au bout», confie un coureur. D'autres misent sur la gestion collective : «Le plus dur, c'est de s'arrêter puis de repartir. Quand tu t'arrêtes, ton corps te dit que c'est fini... mais non, il faut remettre ça.»

Courir de nuit

Au fil des heures, le centre sportif se transforme en véritable camp de base. Tentes, matelas, chaises pliantes et réserves de nourriture prennent possession des lieux. L'ambiance rappelle parfois davantage un week-end entre amis qu'une compétition. «On est en mode camping, vacances. Il fait beau, c'est sympa», plaisante un participant. «On s'est préparés pour une semaine de camping alors qu'on reste seulement 24 heures !»

Car la Run24 ne se joue pas uniquement sur le parcours. Entre deux relais, il faut gérer l'alimentation, l'hydratation et surtout le sommeil. Une équation parfois compliquée. «J'appréhende un peu le sommeil», admet une participante. Quant au temps de repos prévu, les estimations divergent : «J'espère dormir quatre heures », avance l'un, tandis qu'un autre rétorque en riant : «Quatre heures ? Je pense plutôt quatre ou cinq minutes !»

Lorsque la nuit tombe sur Versoix, l'événement change de visage. Les frontales s'allument, les conversations se font plus discrètes et les coureurs continuent d'enchaîner les tours dans l'obscurité. Sous les tentes, certains tentent de grappiller quelques instants de repos avant de repartir à l'assaut du parcours. Malgré la fatigue, la motivation reste intacte : «On ne lâche pas !»

Au lever du jour, les visages marqués témoignent des efforts accumulés. Mais au-delà des kilomètres parcourus et des classements, cette première édition aura surtout mis en lumière l'esprit qui anime la Run24 : le partage, la convivialité et cette envie un peu folle de vivre ensemble une journée entière autour de la course à pied. Une formule qui a déjà trouvé son public.