Michel Pont livre son regard sur les débuts ratés de la Nati
La Suisse a manqué son entrée en Coupe du Monde. Tenue en échec par le Qatar (1-1) après avoir pourtant ouvert le score, la Nati a laissé filer deux points précieux. Un résultat qui a refroidi l'enthousiasme des supporters, mais qui ne remet pas encore en cause les ambitions helvétiques selon Michel Pont.
Invité sur notre plateau, l'ancien sélectionneur adjoint de l'équipe de Suisse estime que la prestation des hommes de Murat Yakin a été insuffisante, particulièrement après la pause. «En deuxième mi-temps, ils se sont endormis. L'équipe qui était sur le terrain devait être capable de battre le Qatar», juge-t-il sans détour.
Malgré cette contre-performance, l'ancien technicien refuse toutefois de céder à l'inquiétude. Le match nul enregistré dans l'autre rencontre du groupe permet à la Suisse de limiter les dégâts comptables. «À ce stade, ce résultat ne coûte pas trop cher. Mais il faut un gros coup de fouet pour aller battre la Bosnie et le Canada», avertit-il.
Un engouement qui monte malgré tout
Du côté des supporters, l'ambiance commence à prendre forme. Entre les différentes fan zones installées à Genève et les rassemblements organisés un peu partout dans le canton, Michel Pont constate un retour progressif de l'engouement autour de la sélection nationale.
Pour lui, les attentes sont élevées et justifiées. Avec plusieurs cadres qui disputent leur troisième, voire leur quatrième Coupe du Monde, le moment est venu de franchir un cap. «Cette équipe doit réussir quelque chose dans ce tournoi», insiste-t-il.
Une génération arrivée à maturité
Malgré le résultat décevant, Michel Pont reste persuadé que cette génération possède les qualités nécessaires pour réaliser un beau parcours. Il met en avant l'expérience des leaders comme Granit Xhaka, Manuel Akanji ou Ricardo Rodriguez, associée à une nouvelle vague de joueurs offensifs talentueux. «Nous avons un potentiel offensif extraordinaire, que nous avons rarement eu. Si la Suisse mène 3-0 à la mi-temps contre le Qatar, personne ne trouve rien à redire.»
Selon lui, le manque de réalisme a davantage pesé que des lacunes dans le jeu. Avec 26 tentatives au total, la Suisse s'est créée suffisamment d'occasions pour faire la différence.
Les leaders attendus au tournant
Pour l'ancien membre du staff de la Nati, la réaction doit désormais venir de l'intérieur du groupe. Les cadres expérimentés doivent assumer leurs responsabilités et montrer la voie. «Ils jouent tous dans les plus grands championnats. La pression, ils la connaissent. La bonne pression, c'est celle qui donne de l'ambition et qui pousse à aller chercher 110 %.»
Michel Pont balaie également les rumeurs de tensions internes entre Murat Yakin et certains joueurs. À ses yeux, l'urgence est ailleurs : retrouver de l'efficacité et de l'unité avant les deux prochains rendez-vous. Une chose est certaine : malgré ce départ manqué, la confiance demeure intacte. Pour Michel Pont, la qualification pour les huitièmes de finale ne fait guère de doute. Reste désormais à la Suisse à transformer son potentiel en résultats sur le terrain.