Michel Pont revient sur la qualification historique de la Nati
La qualification de la Suisse pour les quarts de finale de la Coupe du monde a fait vibrer tout un pays. À Genève comme ailleurs, des milliers de supporters ont envahi les fan zones jusque tard dans la nuit pour célébrer un succès historique. Ancien entraîneur adjoint de la Nati, Michel Pont voit dans cette ferveur populaire bien plus qu'une simple victoire sportive.
«C'est tellement rassurant et rassembleur», confie-t-il. «On voit une jeunesse qui a simplement envie de partager un moment ensemble. Certains ne voient même pas l'écran, mais ce n'est pas le plus important. Ils veulent vivre une émotion collective. Dans le contexte actuel, c'est rafraîchissant.»
Pour Michel Pont, le football n'est pas le seul sport capable de créer cet élan populaire. Il cite également les exploits du hockey suisse, les succès de Marco Odermatt ou encore ceux de Roger Federer et Stan Wawrinka, autant de moments qui ont permis au pays de se retrouver autour d'émotions communes.
Murat Yakin salué pour ses choix forts
Sur le terrain, l'ancien international suisse tient surtout à rendre hommage à Murat Yakin. Très critiqué ces derniers mois, le sélectionneur a dû composer avec les absences de plusieurs cadres offensifs avant le huitième de finale.
«On ne met pas assez Yakin en avant», estime Michel Pont. «Il perd trois joueurs majeurs et adapte complètement son plan de jeu. Il choisit une approche défensive très claire, avec une équipe compacte, agressive et extrêmement disciplinée. Ce n'était peut-être pas un grand spectacle, mais en termes de concentration et d'engagement, c'était remarquable.»
Une lecture tactique récompensée par une qualification obtenue au terme d'une séance de tirs au but.
Zakaria, le pari gagnant
Parmi les décisions fortes du sélectionneur, le repositionnement de Denis Zakaria au poste de piston droit impressionne particulièrement Michel Pont. «Qui aurait imaginé Zakaria à ce poste dans un huitième de finale de Coupe du monde ? Yakin l'a fait au feeling, et ça a parfaitement fonctionné. Il a totalement muselé son adversaire direct tout en apportant offensivement grâce à sa puissance. Chapeau à lui.»
Une équipe enfin prête à franchir un cap
Pour Michel Pont, cette qualification n'a rien d'un hasard. Elle est le fruit d'un travail construit depuis plus d'une décennie autour d'une génération expérimentée, renforcée aujourd'hui par de nouveaux talents. «Cette équipe travaille ensemble depuis onze ans. Elle possède de l'expérience, de la jeunesse et un état d'esprit exceptionnel. J'ai toujours dit qu'elle pouvait atteindre les demi-finales. Je continue à le croire.»
Malgré le souvenir douloureux de l'élimination contre l'Argentine en 2014, l'ancien adjoint de la Nati affiche une confiance intacte. «Je suis pratiquement sûr qu'on va se qualifier. Cette équipe est mûre. Elle a tous les ingrédients pour réussir.»
«Qu'est-ce qu'on a à perdre ?»
À quelques heures d'un quart de finale face aux champions du monde, Michel Pont sait quel message il adresserait au groupe. «Qu'est-ce qu'on a à perdre ? Il faut simplement être concentré, jouer avec le même état d'esprit que contre la Colombie et croire en nos chances. Bien sûr, il faudra un peu de réussite, mais cette équipe a montré qu'elle était capable de souffrir ensemble.»
Et si la Suisse paraît encore inférieure individuellement à certaines grandes nations, Michel Pont est convaincu que sa force réside ailleurs. «On devra toujours souffrir face à ces équipes. Mais avec un collectif aussi soudé, tout est possible. Les joueurs ont envie de revivre la joie vécue après cette qualification, tout comme tout un pays.»