Peter de Cruz: «Je suis extrêmement fier de Benoît»
La médaille de bronze décrochée par Benoît Schwarz-van Berkel aux Jeux olympiques marque un nouveau chapitre fort pour le curling suisse. Huit ans après le podium de Jeux olympiques d'hiver de 2018 à Pyeongchang, le Genevois ajoute une deuxième médaille olympique à son palmarès. Un exploit rare qui suscite la fierté de tout un club — et notamment celle de Peter de Cruz, ancien skip médaillé de bronze en Corée du Sud et présent cette fois-ci aux Jeux dans un rôle différent.
«Extrêmement fier», lâche-t-il d’emblée. Benoît Schwarz-van Berkel, il le connaît depuis toujours ou presque. «C’est un enfant du club. On a joué 15, presque 20 ans ensemble. Il avait toujours quelque chose de particulier : beaucoup de détermination et énormément de talent.» Même après les Jeux de 2022, Peter de Cruz avoue avoir été surpris de le voir poursuivre l’aventure. «C’était comme s’il y avait encore un dernier job à faire.»
Une semaine presque parfaite
La déception reste pourtant palpable. Car l’équipe suisse a frôlé l’exploit absolu. Avec neuf victoires en neuf matchs lors du tour préliminaire, les Genevois ont impressionné tout le monde. «Ce qu’ils ont fait pendant la semaine, ce n’est pas censé arriver», confie-t-il. «Les gens me demandaient ce qui se passait avec cette équipe de Genève.»
La demi-finale face aux Britanniques — annoncés favoris avant le tournoi — s’est jouée à des détails infimes. «Deux petites pierres, quelques centimètres, littéralement quelques centimètres font toute la différence. C’était cruel.» Le lendemain, dans le petit monde du curling genevois, « il y avait clairement la gueule de bois».
Reste que cette deuxième médaille olympique fait de Benoît Schwarz-van Berkel une figure à part dans l’histoire du curling helvétique. «On peut le dire : c’est celui qui a accompli le plus, par sa longévité, ses titres et ses médailles.», analyse Peter de Cruz
Le curling suisse au sommet
Au-delà de la performance masculine, ces Jeux confirment la solidité du curling suisse sur la scène internationale. Déjà médaillée de bronze à Jeux olympiques d'hiver de 2018, la Suisse a cette fois ajouté une deuxième médaille, confirmant sa place parmi les toutes meilleures nations mondiales.
«Chez les femmes, le succès est là depuis dix ans avec plusieurs titres mondiaux. Chez les hommes, il manquait souvent ce petit pas en demi-finale. Cette fois, c’est passé tout près. Deux médailles, c’est au-delà des attentes».
Vivre les Jeux autrement
Pour Peter de Cruz, ces Jeux avaient une saveur particulière. Présent à Cortina en tant que coach du double mixte, il a vécu la compétition loin de la glace. «Quand on est joueur, on a la pierre en main, on contrôle. Là, on lâche complètement prise. On est là pour soutenir, optimiser l’environnement des athlètes.»
Un rôle différent, parfois frustrant, mais enrichissant. «Il y a toujours cette envie d’influencer davantage. Mais l’ambiance au village était excellente. C’était vraiment the place to be.»
Un sport de famille
La médiatisation olympique offre au curling un coup de projecteur rare, tous les quatre ans. Un défi aussi : transformer la curiosité en engagement durable. «On n’a pas besoin de croître de manière exponentielle, mais évidemment, quelques joueurs en plus, ce serait positif.»
Sport de tradition en Suisse, le curling se transmet souvent de génération en génération. «Ce n’est peut-être pas le sport le plus spectaculaire au premier regard, développe Peter de Ctuz. Mais quand on entre dans cette famille, dans ce cadre chaleureux, on se prend vite au jeu. Et quand on amène ses enfants sur la glace, généralement, ils y restent.»
Au final, malgré la frustration de ne pas avoir atteint l’or, le sentiment dominant reste la fierté. «S’il y avait vraiment une semaine pour aller au bout, c’était celle-là.»
Et à en croire l’histoire récente du curling suisse, d’autres occasions ne tarderont peut-être pas à se présenter.