Traumatismes crâniens: le sport genevois face au choc
À Genève, la sensibilisation aux traumatismes crâniens progresse dans les clubs sportifs, amateurs comme professionnels. Du rugby à la boxe, entraîneurs et athlètes prennent peu à peu conscience des risques liés aux chocs à la tête.
Sur le terrain, la réalité est parfois sous-estimée. Comme le rappelle Elinn Quintero, joueuse de rugby : « Il y a un peu cette image où il faut avoir fait un chaos pour avoir une commotion cérébrale, alors que des fois il suffit juste d’avoir pris un petit coup à la tête […] et ça peut déjà être une petite commotion cérébrale. » Une méconnaissance qui peut avoir des conséquences importantes.
Certaines carrières ont même dû être interrompues. « On a eu des joueuses qu’on a perdues parce qu’elles ont fait tellement de commotions cérébrales qu’elles n’ont pas traité, qu’elles n’avaient plus le droit de jouer pour des raisons de santé », témoigne Elinn. Derrière ces situations, un constat : « Il y a beaucoup d’ignorance […] et beaucoup de minimisation des effets que ça peut avoir et à quel point ça peut être grave. »
Former les entraîneurs
Face à cela, la formation devient essentielle. Les entraîneurs jouent un rôle clé dans la prévention. « C’est l’entraîneur qui est en première ligne, qui connaît les boxeurs […] Il a une responsabilité d’observation et de prévention », souligne Daniel Timis, entraîneur de boxe. Être capable d’identifier les signaux d’alerte et d’orienter vers les bonnes ressources est désormais indispensable.
Pour mieux comprendre les pratiques et améliorer la prise en charge, les HUG ont lancé l’étude TraumaSport en collaboration avec l’Association genevoise des sports. L’objectif est clair : mieux cibler les zones à risque et adapter les mesures de prévention.
Sur le terrain, des solutions concrètes émergent. « Donner les outils, je pense que c’est une première piste pour combler ce vide qu’on a au niveau des équipes médicales », explique Elinn Quintero, rappelant que tous les clubs n’ont pas les moyens de s’entourer de spécialistes.
Car l’enjeu dépasse largement le cadre du sport de contact. À Genève, près de 4’600 cas de traumatismes crâniens ont été recensés en 2024, soit une hausse de 40% en dix ans. Une évolution qui pousse les acteurs du sport à adapter leurs pratiques.
Informer, former, prévenir : le mouvement est lancé pour mieux protéger les pratiquants.