Contribution de solidarité pour les victimes de Crans- Montana: «Un signal fort» pour Me Ronald Asmar
La Confédération versera une contribution de solidarité unique de 50'000 francs à tous les blessés et aux proches des personnes décédées dans l'incendie de Crans-Montana. Avocat de plusieurs familles de victimes, Me Ronald Asmar salue «un premier pas», tout en rappelant que le chemin vers une indemnisation complète reste long.
Le Conseil fédéral a demandé mercredi un crédit supplémentaire au Parlement, qui se prononcera en mars. Au total, il sollicite un peu plus de 35 millions. 7,8 millions de francs doivent être débloqués pour la contribution de solidarité. Celle-ci doit offrir aux personnes concernées une aide rapide et sans contrainte bureaucratique, afin de surmonter rapidement des difficultés financières conséquentes.
«L'incendie de Crans-Montana n'est pas un accident comme les autres: il a fait de nombreuses victimes, jeunes, suisses et étrangères, qui souffrent de brûlures complexes, a déclaré le président de la Confédération Guy Parmelin. Le Conseil fédéral veut montrer sa solidarité avec les victimes et leurs proches. Il est important que nous soyons là pour eux. Aujourd'hui et demain.» Si les mesures décidées ne peuvent effacer «l'immense souffrance» des familles touchées, il s'agit au moins d'alléger leur charge financière, a complété M. Jans. «Il ne faut laisser personne seul.»
Cette décision est accueillie «très favorablement» par les victimes, affirme Me Ronald Asmar. «C’est un signal fort, très positif, dont nos clients et nous-mêmes sommes très satisfaits.» L’avocat évoque plusieurs semaines de discussions entre les représentants des familles et le Conseil fédéral. «Nous sommes soulagés et satisfaits que le Conseil fédéral ait pris ses responsabilités et ait joué ce rôle de leader et d’acteur économique dans ce dossier.»
Un premier pas, mais pas suffisant
Pour autant, les 50 000 francs ne couvriront pas l’ensemble des préjudices, reconnaît l’avocat. Il rappelle toutefois que ce montant représente «cinq fois plus» que la première aide cantonale. «C’est un premier pas. Inévitablement, d’autres gestes de la collectivité devront suivre pour que les victimes puissent bénéficier d’une indemnisation juste.»
L’avocat insiste sur l’ampleur du drame: amputations, cécité, graves atteintes respiratoires. Certaines victimes, âgées de 15 à 17 ans, devront vivre toute leur vie avec un handicap et parfois une assistance médicale permanente. «Ce coût doit être supporté, non pas par la victime, mais par les responsables ou, comme c’est le cas ici, par la collectivité.»
Dialogue et procédure pénale en parallèle
Au-delà de l’aide financière, une table ronde doit réunir le Conseil fédéral, les assureurs et d’autres acteurs concernés. Objectif: trouver un accord permettant d’indemniser les victimes sans attendre l’issue de la procédure pénale, qui s’annonce longue. «En temps ordinaire, on est supposé attendre l’issue de la procédure judiciaire pour obtenir des solutions sur les questions d’indemnisation. Ici, l’idée est de permettre une indemnisation plus rapide.»
Me Ronald Asmar rappelle que l’argent «ne répare pas tout», mais qu’il fait partie intégrante de la justice recherchée. «Pour certaines des victimes, surtout les plus durement touchées, c’est même une question vitale.»
Sur le plan judiciaire, l’avocat se montre plus confiant qu’au début de l’enquête. «On a suffisamment été critiques lorsque les choses ne se passaient pas correctement, pour pouvoir saluer aujourd’hui le travail du Ministère public et de la police, qui ont plus que rectifié le tir […] Ce travail avance dans la bonne direction.» Les investigations se poursuivent et doivent encore établir précisément les responsabilités.