Suisse

Élections à Nyon: l’héritage de Daniel Rossellat disputé par la droite

11.03.2026 17h43 Laure Lugon Zugravu

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À Nyon, les élections communales restent très ouvertes pour le second tour. La gauche a perdu sa locomotive Daniel Rossellat et aucun de ses candidats n’a obtenu la majorité absolue dimanche dernier. Mais elle espère qu’ils passeront au second tour. La droite veut profiter du basculement à droite du législatif. Le suspense sera levé le 29 mars prochain.

À Nyon, la dynamique électorale portait un nom: Daniel Rossellat, syndic et patron du Paléo. Le cador ayant rendu son tablier après 18 ans d’engagement politique, la gauche n’a pas réussi à faire passer des candidats au premier tour, comme par le passé. Mais ils sont bien positionnés.

Dans le camp rose-vert, on reste donc très optimiste pour le second tour, même si le patron n’est plus là pour tirer la liste. Le socialiste Alexandre Démétriadès réalise le meilleur score, frôlant la majorité absolue pour 100 petites voix: «Daniel Rossellat était un pilier de la plateforme de gauche à Nyon et on pouvait craindre de perdre beaucoup plus de voix en son absence. Ça n'a pas du tout été le cas, c'est une prouesse.»

«Il y a toute une série de sièges qui se perdent au profit de la gauche»

Si l’écologiste Pierre Wahlen arrive deuxième, les Verts ont mordu la poussière au Conseil communal, avec 9 sièges perdus, confirmant l’écrasement de la vague verte. Mais Alexandre Démétriadès n’entrevoit pas une reproduction de ce phénomène à l’exécutif: «Ce phénomène existe pour les conseils communaux. En l'occurrence, leur perte de sièges se fait beaucoup au profit d'Ensemble la gauche et POP, qui revient au Conseil communal, parce que le POP a été historiquement au Conseil communal de Nyon pendant de longues années. Il y a donc toute une série de sièges qui se perdent au profit de la gauche. Ce score des Verts n’est pas une bonne nouvelle, mais c'est un phénomène de reflux au niveau national. Par contre, au niveau de l'exécutif, ils ont fait des excellents scores et je pense qu'on peut tout à fait s'attendre à ce que ça soit reproduit au deuxième.»

Après le règne de la gauche à l’Exécutif, la droite a faim. D’autant plus qu’elle a des raisons de se réjouir: elle a remporté la majorité au Conseil communal, 54 sièges. Grâce à la découverte, mardi, de 200 bulletins compacts pour le PLR qui n’avaient pas été comptabilisés.

«Un véritable élan va pousser les gens à vouloir changer la majorité, y compris à la municipalité»

Cela donne des ailes à Olivier Riesen, municipal bourgeois sortant et arrivé troisième, convaincu que la droite garde toutes ses chances: «Manifestement, pour l'élection au Conseil communal, nous avons été capables de parler aux Lyonnais du côté centre-droit. Après, oui, sur les huit premières places, il y en a cinq qui sont à la gauche. On peut avoir l'impression en fait que leur plateforme a très bien marché mais en réalité les résultats sont très serrés et je pense que l'élan et surtout ces sièges en plus qui ont été attribués à la droite vont donner un véritable élan pour pouvoir pousser et encourager les gens à vouloir changer la majorité, y compris à la municipalité.»

Le développement de Nyon sera au cœur de la prochaine législature. À gauche, on promet de ne pas augmenter les impôts pour réaliser les projets: «Si les impôts restent à ce niveau qui est très bas au niveau cantonal, le seul moyen de financer ces projets, c'est la dette, estime Alexandre Démétriadès. Et vu que l'ensemble des forces politiques soutiennent ces projets, ça veut dire qu'on devra continuer à s'endetter. Mais nous n'avons pas dans notre programme l'augmentation d'impôts.»

À droite, on veut aller plus vite: «Je mettrais beaucoup plus l'accent sur les projets, notamment faire avancer les différents plans d'affectation qui aujourd'hui sont à l'arrêt parce que demain on sait que la ville va devoir grandir», promet Olivier Riesen. Réponse dans les urnes le 29 mars prochain.