Suisse

Vigousse fête son 700e numéro et persiste dans la satire romande

20.03.2026 18h43 Lucie Hainaut

Vigousse

L’hebdomadaire satirique Vigousse célèbre cette semaine sa 700e édition. Lancé en 2009, le journal romand continue d’exister malgré les difficultés financières et les turbulences rencontrées en cours de route.

Pour marquer le coup, la rédaction a choisi l’humour, comme d’habitude. «Plutôt que de dire qu’on a 700 numéros, on a imaginé qu’on avait 700 ans», sourit Stéphane Babey, le rédacteur en chef.

Le journal propose ainsi une édition spéciale agrémentée de fausses archives médiévales, de la Renaissance, ou encore autour de l’affaire Dreyfus. Un clin d’œil à son esprit satirique, fidèle à lui-même depuis ses débuts.

Un pari réussi, seize ans après sa création

Les véritables archives, elles, remontent à la fin de l’année 2009. C’est à cette époque que Thierry Barrigue fonde Vigousse avec Laurent Flutsch et Patrick Nordmann. Leur ambition: proposer une presse satirique indépendante en Suisse romande.

«Beaucoup n’y croyaient pas quand j’ai lancé ce journal», se souvient Thierry Barrigue. «Arriver à 700 numéros, c’est beaucoup d’émotion»

Seize ans plus tard, le pari semble tenu. Vigousse revendique environ 6000 abonnés et continue de proposer une ligne éditoriale caustique. «Ça prouve que nous avons des lecteurs attachés à une presse qui investigue là où ça ne va pas, parfois là où la presse traditionnelle ne va pas» note Barrigue.

Un équilibre financier toujours fragile

Malgré cette longévité, la situation économique du journal reste précaire. Quelques centaines d’abonnés supplémentaires seraient nécessaires pour atteindre l’équilibre financier.

La rédaction lance régulièrement des appels aux dons, souvent entendus par ses lecteurs. «Il y a une vraie solidarité. Les gens sont prêts à payer un peu plus pour que le journal survive» se réjouit Stéphane Babey.

Au fil des années, Vigousse a aussi traversé des périodes difficiles, notamment un procès retentissant contre la commune de Versoix. «Un procès, c’est toujours épuisant, ça a duré trois ans. C’était beaucoup de stress», se rappelle le rédacteur en chef.

Pour les curieux, ce 700e numéro sera offert aux clients dans les librairies Payot. Il est aussi possible de se le procurer au Salon du Livre de Genève.